Francis Mer se retire de la course à la présidence du Medef

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L'ancien ministre de l'Economie Francis Mer n'est plus candidat à la présidence du Medef: c'est ce qu'il annonce aujourd'hui dans une interview publiée par le journal Le Monde. Francis Mer, qui se présentait en tandem avec Guillaume Sarkozy, le président de l'Union des industries textiles, n'a pas réussi à convaincre les chefs d'entreprise du bien fondé de sa candidature. Ce qui donne toutes ses chances à Laurence Parisot, la présidente de l'Ifop.A priori, c'était une formule gagnante: un tandem de choc associant deux noms très connus, deux poids lourds du monde des affaires et de la politique. Francis Mer, avec un long passé de chef de grandes entreprises et une expérience toute récente de ministre de l'Economie; Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas, homme de terrain bien implanté dans le monde des PME. Leur candidature commune pour prendre la tête du Medef semblait d'autant mieux partie que les deux hommes - et surtout Francis Mer - bénéficiaient d'une beaucoup plus grande notoriété que leurs concurrents, Laurence Parisot, Yvon Jacob, Hugues-Arnaud Mayer et Charles Beigbeder.Mais ces dernières semaines, il est apparu que leurs atouts s'étaient transformés en handicaps. L'organisation patronale doit désigner le 5 juillet en assemblée générale le successeur d'Ernest-Antoine Seillière à sa présidence. Et la campagne qui s'est déroulée depuis quelques mois a montré que la base du Medef semblait plus rechercher des patrons qui lui soient proches, plutôt que des membres de l'"élite" parisienne du monde des affaires. Le caractère très politique de la double candidature Mer-Sarkozy - le premier étant ancien ministre, le deuxième étant frère du président de l'UMP et ministre de l'Intérieur - les a sans doute également desservis.Les réticences du patronat envers les deux hommes sont en tout cas apparues au grand jour fin mai, lors de la réunion du conseil exécutif du Medef. L'unique tour de scrutin sur les candidats en présence avait donné 21 voix à Laurence Parisot, 8 à Yvon Jacob et Hugues-Arnaud Mayer et 7 à Francis Mer, qui s'était ainsi retrouvé bon dernier. Charles Beigbeder, président du fournisseur d'énergie Poweo, s'était pour sa part déjà retiré de la course, se ralliant à Laurence Parisot.Francis Mer commente aujourd'hui son retrait avec une certaine amertume. "N'ayant pas le sentiment d'être le bienvenu, je ne souhaite donc pas compliquer les choses quant à l'élection d'un futur président", explique-t-il dans son interview au Monde, "je n'ai pas été considéré, ce qui m'a surpris, comme quelqu'un qui pouvait apporter une certaine valeur ajoutée à l'association qui représente les entreprises françaises. Visiblement je suis perçu comme un empêcheur de tourner en rond. Ce n'est pas la peine d'insister", ajoute-t-il.Laurence Parisot mène donc plus que jamais la course en tête. A moins bien sûr que le retrait de Francis Mer n'aide à la constitution d'un front commun contre elle. Si elle est populaire auprès de la base de Medef, la présidente de l'Ifop n'y compte pas que des amis. Et bien des manoeuvres peuvent encore se dérouler d'ici au 5 juillet.

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