Michel Pébereau prescrit un traitement de choc pour réduire la dette publique

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Dépenser moins et mieux, et remédier aux grands déséquilibres structurels: c'est un traitement de choc qu'a prescrit le président du conseil d'administration de BNP Paribas, Michel Péberau, cet après-midi, pour venir à bout de la dangereuse dérive de la dette publique française. Une série de recommandations soumises au ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton, désireux de prendre à bras le corps le problème colossal de la dette publique. De fait, ce dernier a précisé en début d'après-midi lors d'une conférence de presse que le montant de cette dette devrait atteindre 1.117 milliards d'euros à la fin de cette année, soit 66% du PIB. Un chiffre, autrement dit, bien au-delà de 60%, la limite fixée par le Pacte de stabilité de l'Union Européenne. Un dérive qui, si elle se poursuivait, conduirait à des taux d'endettement public astronomiques dans les prochaines années: "130% en 2020 et près de 400% en 2050", précise le rapport. Encore convient-il de souligner que le rapport de Michel Pébereau n'intègre pas dans ce chiffre de la dette publique les engagements en matière de retraite des fonctionnaires, ce qui ferait passer le total au-delà des 2.000 milliards d'euros.Remis aujourd'hui à Bercy, le document propose 20 mesures pour remédier à cette situation. Tout en veillant au maintien des prélèvements obligatoires, le rapport suggère de stabiliser les dépenses en les réorientant vers les secteurs les plus utiles à la croissance, comme l'emploi, l'enseignement supérieur et la recherche. A cela s'ajoutent la poursuite de la réforme des retraites, le retour à l'équilibre de l'assurance maladie dès 2009 et la garantie de l'équilibre de l'assurance chômage. De leur côté, les collectivités locales, qui verraient leurs dotations se stabiliser, devront alors augmenter leurs ressources propres.Parmi les autres mesures phares, Michel Pébereau propose de consacrer intégralement au désendettement les recettes liées à la cession d'actifs non stratégiques, à l'exception des dotations au Fonds de réserve des retraites et de compenser l'annonce de toute dépense nouvelle par la suppression d'autres dépenses pour un montant équivalent. Par ailleurs, le nombre de ministères et de collectivités territoriales devrait être réduit, tandis que le Parlement devrait consacrer deux fois plus de temps au contrôle des dépenses qu'au vote du budget. Enfin, les départs à la retraite des fonctionnaires devraient fournir, selon le rapport de la mission, l'occasion de réduire les sureffectifs.C'est en juillet dernier que le ministre de l'Economie avait demandé à Michel Pébereau de présider une commission comprenant 21 membres: économistes, parlementaires et personnalités de la société civile. Avec comme mission de clarifier la situation de la dette publique, d'expliquer comment la France en était arrivée là et de formuler des recommandations.L'opposition n'a pas mâché ses mots pour critiquer les mesures préconisées par le rapport, que pourrait suivre le gouvernement. Le Parti socialiste a estimé que la réduction de la dette publique nécessite "une politique de croissance" et ne peut être le fruit de "la seule baisse des dépenses publiques". Pour le député PS de l'Isère Didier Migaud, Thierry Breton joue par rapport à la dette publique le rôle d'un "vrai pompier pyromane". En matière de dette publique, " l'attitude de Thierry Breton, c'est 'faites ce que je dis, pas ce que je fais' ", a-t-il déclaré à l'AFP. Enfin, la CGT a estimé que "la question de la dette publique" ne sera résolue "ni par plus d'austérité ni par plus de privatisations".

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