Mobilisé sur l'emploi, Dominique de Villepin rencontre les partenaires sociaux lundi

A peine nommé, Dominique de Villepin a tenu son premier conseil des ministres vendredi après-midi à l'Elysée sous la présidence de Jacques Chirac. "Tout le gouvernement est au travail et mobilisé pour le service des Françaises et des Français", a-t-il lancé au sortir du conseil, sans toutefois donner plus de détails. "Le président de la République et le Premier ministre l'ont redit et répété: la priorité, c'est l'emploi", a expliqué le nouveau ministre de l'outre-mer François Baroin. Dès dimanche, Dominique de Villepin présidera un séminaire gouvernemental. Et lundi, il recevra les partenaires sociaux afin de "recueillir leurs analyses et leurs propositions".Se succèderont à Matignon, François Chereque à la tête de la CFTC, Jean-Luc Cazettes de la CFE-CGC, Jacques Voisin de la CFTC, Bernard Thibault de la CGT et Jean-Claude Mailly de FO. Ce sera ensuite le tour des représentants du patronat, avec la venue du président de la Confédération générale des PME (CGPME) Jean-François Roubaud dans l'après-midi, puis de celle d'Ernest-Antoine Seillière du Medef et enfin de celle de Pierre Perrin, l'Union des professions artisanales (UPA).Ces entretiens interviendront l'avant-veille du très attendu discours de politique générale de Dominique de Villepin devant l'Assemblée nationale, au cours duquel le Premier ministre donnera l'orientation de la politique adoptée, pour résoudre l'épineuse équation, consistant à préserver "le modèle français" tout en faisant reculer le chômage. En dépit des déclarations du chef de l'état et du gouvernement sur leur attachement au modèle français, les syndicats ont d'ores et déjà exprimé leur méfiance craignant une dérive libérale. Ils se sont ainsi enquis d'"une véritable concertation", avant la présentation de mercredi. En recevant les partenaires sociaux, Dominique de Villepin tient à montrer "son attachement au dialogue social", assure-t-on dans son entourage. Car la bataille promet d'être rude. Vendredi matin, le président de la CGPME Jean-François Roubaud, a souhaité que "le Code du travail, qui est devenu maintenant complètement figé, soit libéré", à l'occasion d'une intervention sur i-Télé. Cette offensive contre le Code du travail, c'est précisément le dossier contre lequel luttent à l'unanimité l'ensemble des syndicats.Les nouveaux ministres ne pourront donc pas se permettre de chômer ce week-end alors que Dominique de Villepin devra se montrer convainquant la semaine prochaine et que les dossiers vont vite s'enchaîner. Les passations de pouvoirs dans les différents ministères se sont ainsi succédées tout au long de la journée de vendredi.Dans les Transports, Dominique Perben a d'ores et déjà déclaré qu'il travaillerait "dans la continuité de la démarche" de son prédécesseur Gilles de Robien sur le dossier de la mise en place d'un service minimum dans les transports. "La ligne qu'a continûment développé Gilles de Robien est la bonne, elle est fondée sur trois principes, de dialogue, de négociation et de contractualisation", a-t-il déclaré à l'AFP. Un projet de service garanti à la RATP et à la SNCF d'Ile de France sera d'ailleurs soumis le 17 juin prochain au Syndicat des transports d'Ile de France (STIF) où l'Etat est majoritaire jusqu'au 1er juillet prochain.Le nouveau ministre de la Fonction publique, Christian Jacob, s'est de son côté dit satisfait de retrouver "la négociation sociale" et de "renouer avec ces moments très riches, avec un vrai sujet de fond qui mobilise plusieurs millions de personnes". "Dès la semaine prochaine, je vais rencontrer toutes les organisations syndicales, les écouter, me mettre au travail dès lundi". Le 10 juin prochain, le ministère du Travail, à la tête duquel vient d'être nommé Gérard Larcher, réunira les partenaires sociaux pour déterminer les branches professionnelles dans lesquelles les négociations salariales sont jugées prioritaires. Quant au nouveau ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, il a déclaré que "la France doit rester au coeur de la construction européenne, qu'elle souhaite y jouer tout son rôle et bien sûr une part prépondérante comme elle l'a toujours fait". Enfin, le ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche François Goulard compte également travailler "dans la continuité" de son prédécesseur François Fillon, indiquant que le calendrier "était maintenu" pour le projet de loi sur la recherche. Quelques anicrochesLes nouvelles nominations laissent de l'amertume. François Fillon, débarqué après trois ans passés au ministère des Affaires sociales puis à l'Education, à l'origine des réformes des retraites et de l'école, n'a pas mâché ses mots. "Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien. Sauf de mes réformes", a-t-il asséné dans le Monde. Même rancoeur chez Michel Barnier, l'ancien ministre des affaires étrangères, qui a dénoncé la "décapitation" de l'équipe ministérielle du Quai d'Orsay et a enjoint la classe politique de changer radicalement d'attitude à l'égard de l'Europe". Le ministre était entouré des trois membres, Claudie Haigneré, ministre déléguée aux Affaires européennes, Xavier Darcos, ministre délégué à la Coopération, et Renaud Muselier, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, tous trois également remerciés. Quant au très sarkozyste Patrick Devedjian, évincé de l'Industrie, il a justifié son refus du portefeuille de l'Aménagement du territoire, en lançant sans ambages: "j'ai toujours pensé que c'était un ministère inutile".

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