Dernière tentative pour éviter la grève à la SNCF

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La grève qui débute ce soir à la SNCF semble pour le moins inéluctable. En dépit de cinq rencontres en dix jours avec la direction, quatre fédérations de cheminots, la CGT, FO, Sud Rail et la Fédération générale des agents de conduite (Fgaac) maintiennent l'appel à la grève reconductible qui débute ce soir. Centrées sur la condamnation d'une "privatisation rampante" de l'entreprise publique, les revendications se déclinent en 15 points où figure le triptyque "emploi-salaires-service public", comme lors des cinq précédentes grèves de cette année.Dans un dernier espoir, le président de la SNCF, Louis Gallois, s'est dit prêt ce matin à saisir toutes les occasions d'éviter la grève des cheminots. "Il faut essayer jusqu'au bout et on est toujours disponible. S'il y a des possibilités, il faut les saisir", a-t-il déclaré sur France Info. Alors que les syndicats semblent trop engagés pour revenir en arrière, les tentatives de Louis Gallois pourraient empêcher que le mouvement ne se prolonge trop longtemps. D'autant que la CGT a déposé un préavis de grève à la RATP pour mercredi."Il faut saisir toute occasion de sortir de ce conflit et, en tous cas, il faudra en sortir le plus vite possible. Ni les voyageurs, ni les clients fret, ni l'entreprise ni ses personnels n'ont besoin d'une grève", a indiqué le président du groupe. Ce n'est pas parce qu'une entreprise publique fait des bénéfices qu'on va la privatiser", a-t-il insisté. "La privatisation, c'est une question politique (...). Personne ne demande en France la privatisation de la SNCF. Il n'y a pas sur l'échiquier politique un seul parti qui la demande, alors ne nous faisons pas peur avec des épouvantails à moineaux", a-t-il expliqué. "On est en plein fantasme. La privatisation n'est pas à l'ordre du jour et c'est le prétexte de la grève", a renchéri ce matin l'ancien ministre de l'Industrie Patrick Devedjian (UMP), sur Europe 1.Louis Gallois a aussi dénoncé le procédé consistant à faire circuler une carte de France dans l'entreprise montrant les lignes secondaires de la SNCF qui s'apprêteraient à être supprimées. "D'où vient cette carte? De l'audit qu'on a fait faire sur les infrastructures? Je n'en crois pas un mot. Cet audit n'arrête pas de dire au contraire qu'il faut investir sur les lignes secondaires. Arrêtons de trouver des faux prétextes", s'est-il indigné. "Cette affaire de carte me choque profondément. Ce n'est pas comme ça qu'on peut mener le débat dans une entreprise", a-t-il conclu.Le ministre des Transports Dominique Perben a affirmé hier être "prêt" à s'engager par écrit sur la non-privatisation de la SNCF, dans un entretien au JDD publié hier. Opposé au mouvement de grève, la CFTC dénonce l'inutilité de cette proposition. "La privatisation rampe depuis 1988 et ce n'est pas une lettre d'un ministre éphémère qui y changera grand-chose", a affirmé dans un communiqué le secrétaire général adjoint de la CFTC Bernard Aubin. Ce dernier estime que les cheminots sont pris "dans une bataille d'intérêts qui les dépasse". Les "vrais enjeux sont ailleurs", dit-il, évoquant l'accord sur l'intéressement signé à la SNCF le 30 septembre et que cinq fédérations syndicales ont dénoncé, dont les quatre ayant appelé à la grève.Dans une lettre adressée aujourd'hui aux syndicats, Dominique Perben a ajouté que l'ouverture partielle à la concurrence sur le fret début 2006 "n'est pas sans contrepartie", l'Etat ayant "obtenu de verser 800 millions d'euros à la SNCF pour lui permettre de relancer cette activité". S'agissant des trains inter-régionaux, il rappelle avoir "confirmé expressément que ces lignes ne feraient l'objet d'aucun transfert du réseau national vers les régions et qu'il n'y aurait aucune suppression de ligne". Le calendrier d'ouverture à la concurrence dans les transports "ne doit en aucun cas être accéléré", poursuit le ministre, qui est "tout à fait opposé" à "une ouverture en 2008 pour les services internationaux de passagers et à une libéralisation des services domestiques en 2012"."Les salariés préfèreraient avoir une garantie législative plutôt qu'une lettre du ministre des Transports Dominique Perben dont on ne sait pas ce qu'il sera demain", a de son côté déclaré ce matin François Hollande sur RTL. Le premier secrétaire du PS a indiqué que "l'Etat devait renoncer à un certain nombre de ses projets" et "rassurer" les salariés de l'entreprise publique. "L'Etat, seul actionnaire (de la SNCF), ne lui donne pas d'argent pour se développer. Forcément, on est obligé de recourir à du capital privé et cela inquiète les salariés", a-t-il expliqué.Si rien ne nouveau n'aboutit aujourd'hui dans les négociations, un train sur trois en moyenne circulera à partir de ce soir à 20 heures sur l'ensemble du réseau national. Les TER (trains express régionaux) seront en plus grand nombre (entre un tiers et la moitié en circulation) tandis que le trafic Eurostar et Thalys sera normal. Des informations nationales sur l'état du trafic sont mises à jour en temps réel, rappelle la SNCF, disponibles par téléphone au 36 35. De son côté, la direction de la RATP a annoncé aujourd'hui qu'elle prévoyait mercredi un trafic "quasiment normal" dans le métro, les bus et les tramways. Mardi, à partir de 14 heures, sera mis en place un numéro vert (0800 15 11 11) pour informer les voyageurs sur l'état du trafic.La reprise du travail se profile à MarseilleL'un des quatre dépôts de la Régie des transports de Marseille (RTM) a voté ce matin à main levée la reprise du travail, après 42 jours de grève, alors que les trois autres poursuivent le mouvement. Dans le dépôt de La Rose (nord-est de la ville), "à partir de maintenant les bus commencent à circuler", a déclaré à l'AFP le secrétaire général FO de la RTM Alain Requena, précisant que les chauffeurs avaient voté à environ 75% pour la reprise du travail.

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