Hervé Gaymard se veut confiant pour 2005

La confiance est toujours de mise. Lors de la présentation de ses voeux à la presse, le ministre de l'Economie et des Finances Hervé Gaymard s'est montré particulièrement confiant sur les perspectives de croissance de la France en 2005. Un taux de croissance de 2,5% "reste notre hypothèse", a précisé le ministre. Et ce, en dépit du ralentissement attendu de la demande mondiale, de l'appréciation de l'euro face au dollar qui freine les exportations des entreprises nationales et du renchérissement de la facture énergétique. Cette hypothèse de croissance a d'ailleurs été mise à mal ce matin par le président du Medef Ernest-Antoine Sellière. "La croissance prévue par le gouvernement en 2005 paraît difficile à atteindre", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse, et cela en raison essentiellement des problèmes de taux de change et des prix des matières premières. Le Medef préfère travailler sur "une hypothèse de 2% en 2005". La plupart des économistes tablent sur une croissance comprise entre 1,8% et 2%, inférieure donc à celle anticipée par le gouvernement.Ce taux de croissance hypothétique est identique à celui que le gouvernement compte enregistrer en 2004, en dépit du brutal ralentissement de la croissance observé au troisième trimestre. Pour le quatrième trimestre, malgré des statistiques décevantes en novembre (voir ci-contre), Bercy table sur un taux de croissance compris entre +0,6% et +0,8% stimulé par la bonne tenue de la consommation des ménages et de l'investissement. Pour atteindre l'objectif gouvernemental, Hervé Gaymard a précisé que seraient utilisées les données non corrigées, prenant en compte l'effet positif du nombre élevé de jours fériés tombant les samedi et dimanche en 2004. Une manière peu orthodoxe de calculer le taux de croissance de l'économie française.Pour mémoire, l'Insee a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance 2004, et table désormais sur un taux de croissance annuelle de 2,1% (voir ci-contre). Il faut préciser que l'institut effectues ses prévisions en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables...Cet optimisme à tout crin de la part du maître de Bercy repose notamment sur la confiance accordée au dynamisme des entreprises françaises. "Il n'y a pas de fatalité. Si certains pays ont fait le choix d'abandonner leur agriculture ou certains pans de leurs industries au siècle dernier, la France n'a pas fait ce choix. Son économie reste forte et, grâce à l'Agence pour l'innovation industrielle qui verra bientôt le jour, son industrie saura évoluer vers des secteurs à forte valeur ajoutée et des marchés porteurs. La France n'a pas la vocation de devenir une économie uniquement spécialisée dans les prestations de services", a précisé le ministre. Par ailleurs, le successeur de Nicolas Sarkozy a également évoqué la réflexion du gouvernement sur la création de "courroies de transmission" qui permettraient de capter l'épargne des Français afin d'alimenter l'investissement des entreprises. Abordant le volet fiscal, Hervé Gaymard a affirmé que la baisse des impôts prévue par le gouvernement et par le président de la République "n'est pas une promesse, mais une réalité que nous tiendrons". "Il y a en France à la fois un niveau excessif d'impôts et de cotisations, et un niveau excessif de dépenses publiques. Nous allons poursuivre notre politique à la fois de baisse des dépenses publiques lorsqu'elles ne sont pas utiles et de baisse des impôts et des charges. La baisse de l'impôt sur le revenu continuera jusqu'à la fin du quinquennat ", a-t-il ajouté, précisant que "les arbitrages ne sont pas faits sur leur montant".Enfin, concernant l'assouplissement programmé des lois Aubry sur le temps de travail, le ministre de l'Economie et des Finances a affirmé que le gouvernement ne transigerait pas, malgré l'opposition des syndicats. "Il y aura une réforme puisque le Premier ministre l'a annoncé. Il n'est pas question qu'elle n'ait pas lieu", a-t-il précisé, excluant "tout bras de fer" avec les syndicats. "Chacun a le droit de s'exprimer. Le gouvernement est légitimement et démocratiquement élu et les aménagements des 35 heures seront examinés dans les jours qui viennent à l'Assemblée nationale et au Sénat".

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