Les billets d'avion bientôt taxés pour l'aide au développement

Les taxes payées par les passagers des compagnies aériennes serviront à partir de 2006 à financer l'aide au développement: la France vient de réussir à rallier la Grande-Bretagne à cette idée lancée à l'origine par Jacques Chirac. Une initiative qui s'inscrit dans le cadre des réflexions engagées par les pays riches dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement organisés par l'Onu. Un sommet sur ce thème se tient la semaine prochaine à New York.Contre toute attente, l'idée lancée par la France de taxer les voyageurs aériens au nom de l'aide aux pays en développement va entrer en application. La France et le Royaume-Uni ont en effet annoncé à Manchester qu'ils allaient mettre en oeuvre ce dispositif dès le début de l'année prochaine. D'un montant d'environ 5 euros, la taxe pourrait être appliquée simultanément par plusieurs autres pays: l'Allemagne, l'Espagne, l'Algérie, le Brésil et le Chili. Une vingtaine d'autres pays envisageraient de se joindre à l'opération. Les modalités pratiques pourraient malgré tout varier selon les pays: la France prévoit de créer une nouvelle taxe à cet effet, tandis que la Grande-Bretagne veut y affecter une partie des taxes déjà existantes."Nous avons accompli ensemble d'importants progrès pour le financement du développement, un sujet auquel Gordon Brown et moi-même nous sommes très attachés", a déclaré le ministre français de l'Economie et des Finances Thierry Breton, qui s'exprimait à l'occasion de la réunion des ministres européens des Finances. Les fonds ainsi recueillis, qui pourraient représenter jusqu'à 10 milliards d'euros par an, seront versés à un fonds international pour la santé, destiné notamment à lutter contre le sida, et pour l'éducation. L'idée avait été lancée à l'origine par le président de la République: il s'agissait en quelque sorte de "recycler" l'idée de la taxe Tobin, chère aux alter-mondialistes, censée financer le développement du Tiers-Monde grâce à une taxation des mouvements de capitaux. Moins radicale que cette dernière, la taxation des billets d'avion n'était pas pour autant facile à faire accepter. Le sommet du G8, tenu en juillet dernier à Gleneagles, n'avait en particulier pas permis de dégager un accord sur ce point. De fait, les Etats-Unis y sont farouchement hostiles, comme à toute idée de taxe internationale. Et les compagnies aériennes avaient en l'occurrence quelques solides arguments à faire valoir: elles sont en crise depuis des années, touchées successivement par les attentats du 11 septembre, la guerre du Golfe et aujourd'hui la flambée des carburants. Dans ces conditions, elles n'ont pas forcément besoin de se voir imposer un renchérissement de leurs tarifs. Convaincre la Grande-Bretagne de se rallier à cette idée n'allait donc pas de soi. Il reste à mettre au point les modalités pratiques de l'opération, a précisé aujourd'hui Thierry Breton: modulation ou pas de la taxe en fonction des classes, taxation ou pas des passagers en transit, application à tous les vols ou seulement aux vols intra-européens...

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