Fazio mis à l'index

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La crise bancaire qu'a connue cet été l'Italie n'en finit pas de provoquer des dégâts. Tout d'abord, les OPA sur Banca Antonveneta et Banca Nazionale del Lavoro ne sont toujours pas terminées. La première attend qu'ABN Amro puisse racheter les parts de la BPI, et la seconde qu'Unipol puisse lancer son offre pour écarter définitivement le BBVA espagnol. Seul problème, la justice transalpine s'en est mêlée, plaçant les uns et les autres sous enquête. Cela fait pour le moins mauvais genre. D'autant plus que le gouverneur de la Banque d'Italie, l'inamovible Antonio Fazio, est lui aussi visé par ces procédures. Et pour lui les temps sont plus incertains que jamais, depuis que la Commission de Bruxelles a décidé de saisir officiellement le gouvernement italien du dossier. Une procédure dite de mise en demeure rarement utilisée par l'exécutif communautaire, qui met ainsi ses menaces à exécution. Le gouvernement de Silvio Berlusconi a désormais deux mois pour apporter ses réponses, et si elles ne satisfont pas Bruxelles, la Commission pourra engager des poursuites devant la Cour de justice de Luxembourg.A ce stade, on voit mal quelle réponse satisfaisante pourrait être apportée par Rome. Le gouvernement italien, même s'il y a mis le temps, a pris ses distances vis-à-vis d'Antonio Fazio. Il a certes rogné une partie de ses pouvoirs sans toutefois parvenir à fixer un terme à son mandat. Antonio Fazio a en effet été nommé à vie, et n'entend pas laisser son fauteuil. Cet ardent défenseur de "l'italianité" est donc toujours en situation de faire la pluie et le beau temps sur la finance de son pays. Les procédures communautaires pouvant durer des mois, voire des années, on imagine à quel point la perspective d'un contentieux est de nature à le faire fléchir. En fait, dans l'immédiat, si la situation doit évoluer, ce sera grâce à l'action de la justice. Le parquet de Milan mène tambour battant les enquêtes sur les manipulations qui ont émaillé tout l'été 2005. Manipulations de cours, intrigues diverses et variées ont eu largement cours de l'autre côté des Alpes ces derniers temps. La justice travaille, et Antonio Fazio a plus à craindre d'elle que de Silvio Berlusconi ou de Bruxelles.

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