Entre 430.000 et un million de manifestants ont défilé contre la politique gouvernementale

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Plus d'un million de manifestants selon les syndicats, 430.000 selon la police. En tous cas, la journée d'action aura, comme prévu, suscité aujourd'hui une forte mobilisation. Un mouvement soutenu à 72% par les Français qui jugent cette action justifiée, à en croire le sondage publié par BVA-Les Echos-BFM. Au centre des revendications figuraient la question du pouvoir d'achat et les droits des salariés, avec en particulier la revalorisation des salaires et le rejet du contrat de nouvelle embauche. Des sujets attisés ces dernières semaines par les conflits sociaux chez Hewlett-Packard et à la SNCM. Suivie à 32% par les cheminots de la SNCF, 15% des salariés de la Poste, 23% des salariés d'EDF et 50% des instituteurs, la grève soulevait également la question du service minimum. A ce titre, l'Ile-de-France faisait figure de test aujourd'hui dans son application. Ce matin, le ministère des Transports s'est félicité que les objectifs en la matière aient été globalement "tenus". En effet, selon le ministère de la Fonction publique, la grève était suivie ce matin par 20% du personnel de la RATP. Sur le réseau national, le trafic ferroviaire était assuré à 60% pour les TGV et 40% pour les trains Corail et inter-régionaux (voir ci-contre).150 manifestationsA Paris, 30.000 personnes ont manifesté, selon la police, et 150.000 selon les syndicats. Les chiffres oscillaient entre 20.000 et 100.000 à Marseille, et de 15 à 30.000 à Grenoble. Au total, "il y aura plus de manifestants que le 10 mars dernier (1.040.000 selon les syndicats)", avait affirmé le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault sur France 2, soulignant que le nombre d'arrêts de travail, "notamment dans le privé", était "particulièrement important". De fait, les cortèges comptaient un certain nombre de salairiés du privé, comme à Grenoble, où cadres et ingénieurs de Hewlett Packard se sont joints au défilé. "Il faut que le gouvernement réponde assez rapidement: on ne va pas lui laisser 15 jours", a renchéri le leader de FO, Jean-Claude Mailly. De son côté, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a déploré, sur RMC, qu'à l'occasion de la journée nationale de grève, "on ne parle que du service minimum, pas des problèmes de fond. Les pays où il y a le moins de journées de grève, comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne ou la Suède, ce sont des pays où il n'y a pas de service minimum, où il y a une culture de la négociation plutôt que du conflit", a souligné François Chérèque.En marge de ces manifestations, la nouvelle présidente du patronat Laurence Parisot s'est exprimée sur les conflits à la SNCM et chez HP. "Il y a des difficultés à la SNCM ou chez HP car nous avons des solutions pas claires, avec un peu d'étatisme et un peu de libéralisme, on cumule tous les inconvénients", a déclaré la présidente du Medef. Sur le dossier SNCM, Laurence Parisot prône un retrait de l'Etat du capital de la société marseillaise: "l'intérêt de tous est que l'Etat se retire pour que l'entreprise privée puisse agir", a-t-elle souligné.Dominique de Villepin "écoute"Cette journée de grève était donc un véritable baptême du feu pour le Premier ministre Dominique de Villepin, qui est intervenu sur toutes ces questions en début de séance cet après-midi à l'Assemblée nationale. "J'écoute le message que nous adressent les Français. Tout le gouvernement écoute le message que nous adressent les Français. Nous voulons répondre à leurs inquiétudes et à leurs aspirations. Ils veulent des résultats et nous nous battons pour cela", a-t-il lancé. Selon le Premier ministre, les Français expriment leur "impatience et parfois (leur) découragement". Mais ce message s'adresse, selon Dominique de Villepin "à tous: au centre, à la droite, à la gauche, aux entreprises et à l'Etat".Reste à savoir quelles pourraient être les suites de ce mouvement. D'ores et déjà, les syndicats ont prévenu que la journée du 4 octobre ne sera pas un "fusil à un coup". Désunis depuis plusieurs années, il leur va falloir réussir à s'accorder sur des propositions communes s'ils veulent s'imposer face au gouvernement et au patronat.SNCM : le gouvernement envisagerait une minorité de blocage de 33% Etat-salariésEn portant la part des salariés dans le capital de la compagnie maritime de 5% à 8%, l'Etat obtiendrait, avec les 25% qu'il entend conserver, une minorité de blocage de 33% peut-être fédératrice. Cette solution pourrait d'ores et déjà être évoquée demain par Thierry Breton et Dominique Perben. Le ministre de l'Economie et des Finances et le ministre des Transports retournent demain à Marseille afin de négocier le plan de sauvetage du groupe avec les syndicats.

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