Bush essaie de redorer son blason après le passage de l'ouragan Katrina

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"Ce soir, je fait une promesse aux Américains : dans toute la zone dévastée par l'ouragan Katrina, nous ferons ce qu'il faut et nous resterons le temps qu'il faudra, pour aider les citoyens à reconstruire leurs communautés et leurs vies" a déclaré hier Georges Bush. Le président américain, qui s'exprimait hier soir de Jackson Square, au coeur du French Quarter, à la Nouvelle Orléans, cherchait avant tout, comme le soulignait un commentateur, à "stopper l'hémorragie". En effet, face à la réaction, pour le moins lente et cafouilleuse, de son administration au lendemain du passage de l'ouragan le plus dévastateur que les Etats-Unis aient connu, George Bush est au plus bas dans les sondages. Seulement 40% des Américains interrogés approuvent sa gestion. Pis, quand il s'agit de savoir comment dégager des fonds pour financer la reconstruction de la Nouvelle Orléans et de toute la zone, grande comme l'Angleterre, dévastée par les vents et les eaux, les Américains proposent en premier lieu de cesser d'occuper l'Irak et de rapatrier les troupes... Selon les premières estimations, la reconstruction de la zone pourrait s'élever à quelque 200 milliards de dollars. Plus que la guerre en Irak depuis le début de l'offensive ! Mais si le président promet des efforts jamais vus à l'échelle de la planète, il s'est bien gardé de dire où le gouvernement fédéral trouvera les fonds. Car c'est bien l'Etat, le président l'a juré, qui sera en première ligne pour le financement de l'opération. Face à cet effort inédit, George Bush s'est contenté d'annoncer quelques recettes traditionnelles, comme la mise en oeuvre de diverses initiatives, visant à redynamiser le tissu économique et social de la région. Avec d'abord la création d'une "zone d'opportunité", offrant des crédits d'impôts et des prêts à faibles taux d'intérêt aux entrepreneurs privés, et particulièrement les noirs américains, qui viendraient créer des emplois dans la région. "C'est l'esprit d'entreprise qui viendra à bout de la pauvreté", a-t-il déclaré. Une pauvreté extrême, et endémique, dans la région, en effet. Ensuite, des initiatives pour favoriser l'accès à la propriété pour les plus défavorisés. Mais selon le Wall Street Journal, il s'agirait surtout de permettre aux ménages de retirer l'argent de leur compte d'épargne retraite sans pénalités pour des projets d'habitat. Le président a cependant promis que le gouvernement fédéral "aiderait" dans ce domaine. Enfin, le gouvernement offrira des comptes, d'un montant de 5.000 dollars (4.065 euros), pour aider les chômeurs à retrouver un emploi, en retournant à l'école ou en suivant une nouvelle formation.Autant dire que le discours présidentiel a été bien avare en détails concrets et en véritables initiatives d'envergure. Pis, le président ne s'est à aucun moment engagé à demander des sacrifices, surtout aux plus nantis des Américains, ceux qui profitent depuis 2001 des réductions d'impôts octroyées par le Congrès, afin de financer l'effort de reconstruction. Si certains élus, qui réagissaient juste après le discours, estimaient, dans le camp républicain, qu'il faudrait éviter de creuser le déficit, et, dans le camp démocrate, qu'il ne serait pas question de demander des efforts aux classes moyennes, les commentateurs tombaient d'accord sur une solution : emprunter. "Nous serons plus que jamais dans la main de la banque nationale de Chine, qui achète les obligations du Trésor américain" concluait l'un d'eux...

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