Trichet annonce une hausse des taux imminente de la BCE

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Après deux ans et demi d'inaction, avec un taux de référence maintenu inchangé à 2%, le resserrement de la politique monétaire de la zone euro lors de la réunion de la BCE du 1er décembre ne fait plus l'ombre d'un doute. Déjà, à observer les marchés à terme, les investisseurs anticipaient un relèvement des taux directeurs par la banque centrale européenne (BCE) dès le mois prochain. Le président de la banque centrale, Jean-Claude Trichet, les a cet après-midi largement confortés dans leurs attentes. "Le Conseil des gouverneurs est prêt à prendre la décision de modifier les taux d'intérêt et à augmenter modérément le niveau actuel des taux d'intervention, afin de prendre en compte le niveau des risques sur la stabilité des prix", a-t-il dit lors d'un discours à l'occasion du Congrès bancaire européen à Francfort. L'euro, qui cotait environ 1,1670 dollar avant cette déclaration, a progressé jusqu'à 1,1752 dollar en fin d'après-midi. Outre-Atlantique, la Réserve Fédérale (Fed) a relevé à 4% le 1er novembre pour la douzième fois consécutive son taux directeur, pour contenir une inflation alimentée par la forte croissance économique américaine et les risques de contagion de la flambée du pétrole. Certes, l'inflation s'avère bien moins menaçante en Europe, où le PIB s'inscrit à la traîne de la croissance mondiale. Mais la dépréciation de l'euro face au dollar, de 17% depuis le début de l'année, soulève le risque d'une inflation importée.Dans les milieux politiques, certains militent contre un mouvement de hausse des taux européens qui freinerait une croissance déjà peu flamboyante (lire ci-contre). A la Commission européenne ou dans des capitales comme Berlin, des voix se sont élevées pour mettre en garde la BCE contre les conséquences économiques d'un relèvement des taux. Apparemment, ces exhortations ne semblent pas émouvoir outre mesure le gouverneur de la BCE, qui tient sans doute à préserver sa réputation d'indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques.Jean-Claude Trichet a néanmoins tenté de rassurer les esprits. "Nous allons réduire quelque peu le caractère accommodant de la politique monétaire actuelle, afin de maintenir sous contrôle les anticipations d'inflation. Mais la hausse de taux à venir n'empêchera pas une croissance durable et la création d'emplois dans la zone euro", a-t-il indiqué.A présent que les incertitudes sont levées sur la décision monétaire du mois de décembre, certains économistes s'inquiètent de son caractère prématuré. Surtout après les dernières prévisions de la Commission européenne publiées hier. De fait, Bruxelles a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la Zone euro à 1,3% en 2005, 1,9% en 2006 et 2,1% en 2007. De plus, selon Bruxelles, cette timide amélioration ne devrait pas alimenter de tensions inflationnistes, puisque la Commission table sur une inflation en recul de 2,3% en 2005 à 2,2% l'an prochain, puis à 1,8% en 2007, repassant sous le seuil de 2% visé par la Banque centrale européenne. "C'est une marche dangereuse, prévient Luca Silipo, économiste chez Ixis. Non seulement la croissance est loin d'être consolidée (nous prévoyons une décélération au quatrième trimestre et une faible croissance en 2006), mais l'inflation, fut-elle en haut de la fourchette de prévision de la BCE, ne présente aucun danger".

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