La BCE durcit le ton sur l'inflation

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La hausse des prix commence à titiller sérieusement les banques centrales. "Une très forte vigilance est nécessaire sur les risques inflationnistes", a indiqué en début d'après-midi le président de la Banque Centrale Européenne Jean-Claude Trichet, après la réunion du conseil de celle-ci. Il faut dire que les dernières publications de hausses des prix ont de quoi inquiéter: dans le sillage des cours du pétrole, l'inflation en zone euro a accéléré à 2,5% sur un an le mois dernier, après 2,2% en août. Jean-Claude Trichet a néanmoins indiqué que la banque centrale n'interviendrait que "si nécessaire". Jugé "approprié", le taux directeur est donc resté inchangé aujourd'hui à 2%, le même niveau depuis plus de deux ans. Il faut dire que les prévisions de croissance de la Commission européenne restent particulièrement maussades et ne permettent guère d'accentuer la rigueur de la politique monétaire. "La croissance économique de la zone euro pourrait n'atteindre que 1,2% en 2005 si elle reste sur son rythme actuel", indique le rapport trimestriel publié aujourd'hui par la Commission, qui tablait auparavant sur une croissance de 1,6%. Ces nouvelles prévisions sont en ligne avec les estimations du FMI, qui table sur une hausse de 1,2%, tandis que la BCE et l'OCDE s'attendent à une croissance de 1,3%."Malgré la récente amélioration des indices de confiance, Jean-Claude Trichet reconnaît que la croissance européenne reste fragile à plus d'un titre: les prix du pétrole, des grands déséquilibres globaux et la confiance toujours faible des consommateurs", souligne Laure Maillard, chez Ixis-CIB, qui s'attendait à un ton plus catégorique sur la nécessaire rigueur monétaire. Même immobilisme outre-Manche, où le comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre (BoE) a annoncé le maintien de son taux d'intérêt directeur à 4,50%, après une baisse d'un quart de point en août. La situation conjoncturelle n'est guère plus brillante en Grande-Bretagne. La dernière estimation officielle fait ressortir une croissance au deuxième trimestre à 1,5% en rythme annuel, au plus bas depuis douze ans.Loin d'étonner les prévisionnistes, le nouveau statu quo a eu peu d'impact sur les taux de change. Les propos de Jean-Claude Trichet laissant néanmoins penser que, sur le moyen terme, la BCE penche pour un relèvement de ses taux, la monnaie unique a légèrement progressé face au billet vert, à 1,21 dollar pour un euro en début d'après-midi.

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