Camaïeu flambe à sa reprise de cotation

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Camaïeu s'envole. Au lendemain de l'annonce de la prise de contrôle du groupe de textile par Axa Private Equity, le titre gagne plus de 20% à 90,80 euros, en fin de journée. Une progression qui ne manque pas d'étonner. "Je m'attendais à ce que le cours se cale sur le prix offert", confie un analyste. Or, vendredi, l'action se traite à environ 5 euros de plus que le prix proposé par le fonds d'investissement (85 euros). Impossible de mettre en avant l'incidence du coupon puisque l'opération se déroulera coupon attaché (les actionnaires ne pourront donc pas prétendre au paiement d'un dividende pour 2004 en plus du prix versé de 85 euros).Le marché semble donc se comporter comme s'il jouait un scénario de surenchère. Or, une telle hypothèse apparaît hautement improbable. D'abord parce que le prix proposé est jugé généreux : il est plus élevé que le plus haut historique de l'action et fait ressortir une prime de 16% sur le cours moyen à 3 et 6 mois. Mais surtout, l'idée d'une surenchère n'a guère de sens parce que l'engagement des familles actionnaires et des dirigeants à céder des titres à Axa Private Equity est irrévocable.Bien sûr, le fonds d'investissement n'est pas certain des résultats de l'OPA qu'il lancera ultérieurement sur le solde du capital. Mais, même s'il échoue à convaincre les minoritaires, il détiendra le contrôle du groupe. Avec les titres acquis auprès des dirigeants et des familles Torck et Giraud-Verspieren, il est d'ores et déjà assuré de détenir 39,7% du capital et 54,7% des droits de vote.Cette flambée ressemble donc surtout à une dernière manoeuvre de spéculation sur un titre qui pourrait disparaître de la Bourse. "Nous n'avons pas pris de décision quant à un éventuel retrait de la cote", a indiqué Dominique Gaillard, membre du directoire d'Axa Private Equity, lors d'une conférence téléphonique jeudi soir. Reste que si l'acquéreur décide de faire sortir Camaïeu de la Bourse, il lui faudra impérativement obtenir au moins 95% du capital. Dans ces conditions, les investisseurs tentent peut-être de faire pression sur Axa Private Equity. En tout cas, Axa Private Equity a déclaré vendredi qu'il s'accomoderait "sans problème" d'un maintien de Camaïeu en Bourse. "Si ceux qui font monter le cours parient sur la non atteinte du seuil des 95%, ils prennent aussi le pari d'une liquidité très réduite", a indiqué à Reuters Dominique Gaillard.Là n'est pas la seule spéculation. Ayant certainement à l'esprit les autres rachats qui ont eu lieu dans le secteur (Naf-Naf, Zannier), le marché s'est également tourné vers les actions Etam Développement, qui ont gagné 9,61% jeudi et ont pris jusqu'à 7,6% vendredi avant de reculer. Une progression que l'analyste déjà cité estime totalement "artificielle" si on la rapporte aux résultats attendus pour le groupe.

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