France Télécom s'inspire du modèle Skype pour enrayer la baisse du fixe

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France Télécom s'est décidé à répondre par l'offensive au déclin des communications de téléphonie fixe. "La voix sur réseau RTC baisse, c'est une tendance lourde, mais les services sur les lignes de cuivre sont en croissance", a martelé Olivier Sichel, directeur exécutif de la division "Services de communication résidentiels", en introduction d'une conférence de presse destinée à présenter de nouveaux services. Car "le fixe, c'est le coeur nucléaire de la transformation de France Télécom".Plus qu'une transformation, la principale offre détaillée ce matin par l'opérateur fait office de révolution. Symbole de la stratégie de l'opérateur historique français, Livecom a été conçu sur le même modèle que Skype, la solution imaginée par les créateurs de Kazaa qui permet de téléphoner gratuitement entre deux PC reliés par Internet, après avoir téléchargé un petit logiciel. A ce jour, plus de 130 millions de logiciels Skype ont été téléchargés dans le monde. Comme pour Skype, les communications émises à partir de Livecom à partir d'un PC mais vers un téléphone fixe ou un appareil mobile sont payantes. Pour l'instant, seuls les clients de Wanadoo accèdent à l'offre, qui sera étendue à l'ensemble des clients disposant d'une connexion Internet (exception faite des détenteurs de Mac) dès le 15 juillet. Pour y souscrire, le client peut choisir entre plusieurs crédits temps allant de 5 à 25 euros. A l'unité, une minute vers un fixe est commercialisée 0,05 euro et vers un mobile 0,25 euro. Des tarifs qui restent supérieurs à ceux de Skype, dont la minute fixe en France vaut 0,02 euro et les 60 secondes vers un mobile 0,189 euro. France Télécom n'est pas le seul à prendre le taureau de la voix sur Internet (VoIP) par les cornes. Considérant l'évolution inéluctable, son concurrent Neuf Télécom a racheté deux tiers de Wengo, société française proposant aussi un logiciel de communications gratuites sur PC, mais aussi des communications vers des téléphones fixes et mobiles à prix cassés, via la location d'un boîtier.Les communications sur IP ne sont qu'un pan de la "transformation" opérée actuellement par France Télécom. L'opérateur mise aussi beaucoup sur la LiveBox, ce routeur Internet sans-fil, dont le but est de connecter tout appareil électronique (PDA, appareil photo, téléphone, Internet, télévision, etc...) à partir du moment où il doit être relié à la Toile. "Il faut que ce soit le noeud de la communication du foyer", a posé comme principe Olivier Sichel. D'autant que les problèmes rencontrés par l'appareil au moment de son lancement sont bel et bien terminés, d'après ce qu'a assuré le groupe. Finis donc les retards de livraisons et les problèmes d'activation. A ce jour, LiveBox compterait 600.000 abonnés. L'opérateur a ainsi présenté toute une série de services optimisant l'appareil. Exemple d'utilisation mettant à profit la convergence, le Livephone, un téléphone haut-débit sans fil qui permet d'accéder au carnet d'adresses Wanadoo, de recevoir ses mails et d'accéder à des informations générales. Prix de l'appareil: 99,99 euros. Les détenteurs de Livebox pourront également s'abonner à Livezoom, un service de consultation à distance de caméras, commercialisé 199 euros pour un an, puis 3 euros par mois. Quant à Livemusic, le service permet d'écouter sur sa chaîne hi-fi de la musique stockée sur son PC moyennant l'achat d'un boîtier Philips pour 129 euros. Si la mutation vers les services convergents est désormais inéluctable pour l'opérateur, reste à savoir quels seront les temps d'adaptation du public, combien il sera prêt à payer, et si la somme récoltée suffira pour enrayer la chute rapide des revenus voix des lignes de cuivre.

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