On se lève tous pour Danone !

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Pas de fumée sans feu ou simple feu de paille? Le marché s'est enflammé pour la rumeur d'une OPA de PepsiCo sur Danone et les démentis des deux parties jeudi n'ont pas éteint l'incendie. D'aucuns diront que le refus du géant des sodas de commenter au-delà du ramassage de 3% du capital du français que le magazine Challenges lui attribuait aura mis le feu aux poudres. D'autres observeront simplement que les rumeurs d'offre sur Danone, au capital opéable, font toujours des étincelles à la Bourse de Paris. Ce fut le cas en septembre 2003 - cette fois, c'était Coca-Cola l'ogre prêt à dévorer le petit Français - mais aussi au printemps 2004 - l'anglo-néerlandais Unilever était alors le prédateur désigné. Pourquoi le marché est-il si prompt à s'embraser sur cette vieille antienne? Parce que chacun des mastodontes de l'agroalimentaire brûle de déclarer sa flamme à l'heureux propriétaire d'Evian et d'Actimel. Le numéro un mondial des produis laitiers peut se prévaloir d'un positionnement "santé" que bien des groupes, notamment américains, seraient tentés d'acquérir pour mieux se blanchir des accusations de favoriser l'obésité. Danone peut aussi se targuer d'enregistrer la plus forte croissance organique - hors effet de change favorable aux Américains - de tout le secteur, un impressionnant taux de 7,8% l'an passé. Enfin, notre fleuron français a plus de salariés en Chine que dans l'Hexagone, grâce au numéro un des boissons plates Wahaha: une position clé sur le plus grand marché mondial de consommation, où PepsiCo par exemple est encore mal implanté. Or, la donne a changé depuis le début de l'année. La méga-fusion Procter & Gamble-Gillette a décomplexé les autres acteurs du secteur des biens de consommation, désormais obsédés par la méga-acquisition susceptible de modifier le rapport de forces brutal avec les géants de la grande distribution. Dans ce contexte, Danone apparaît comme la cible idéale, un morceau de choix sans crainte d'indigestion, avec ses 13 milliards d'euros de chiffre d'affaires et ses 21 milliards de capitalisation. Unilever en pèse 31 milliards pour environ 20 milliards de ventes dans l'agroalimentaire. Nestlé, le numéro un mondial, vaut quatre fois plus que Danone en Bourse et en facturations. Outre-Atlantique, Kraft Foods capitalise deux fois plus que le Français, tandis que Coca-Cola pointe à 102 milliards de dollars et PepsiCo à près de 90 milliards sur le New York Stock Exchange... Comment expliquer alors qu'aucun de ces groupes, regorgeant tous de trésorerie, ne soit encore parti à l'assaut du champion national? Très apprécié des marchés, le management constitué du PDG Franck Riboud et de son équipe a fait savoir qu'il partirait en cas d'OPA. Il lui resterait donc à choisir son chevalier blanc pour contrer une approche hostile. Comme le résume un banquier d'affaires, "le premier qui tire a perdu..."

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