La course aux cartes

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Les Américains sont friands de crédit. Leur capacité à souscrire des financements explique en partie la bonne tenue de la consommation outre-Atlantique. Le faible niveau relatif des taux d'intérêts, même si la Réserve Fédérale resserre actuellement sa politique, explique cet engouement. Mais pas uniquement. Les ménages américains n'hésitent pas non plus à faire flamber leurs cartes de crédit dont les taux sont autrement plus rémunérateurs pour les banques. Le secteur des cartes de crédit fait actuellement l'objet d'une lutte acharnée entre les grandes banques nord-américaines, qui rachètent des portefeuilles d'encours à coups de milliards de dollars. Les groupes de grande distribution sont les premiers à bénéficier de ce phénomène, cédant une activité périphérique par rapport à leur "core business". Les acteurs indépendants sont eux aussi convoités. Un des principaux émetteurs de cartes américains, MBNA, vient ainsi de passer dans le giron de Bank of America pour 35 milliards de dollars, un montant record. Grâce à cette acquisition, la deuxième banque américaine met la main sur une activité qu'elle connaît bien et trouve un relais de croissance bienvenu. La réglementation interdit en effet à une banque de contrôler plus de 10% des dépôts à l'échelon national. Or, Bank of America frôle ce seuil. Pour se développer, il lui faut dont développer d'autres activités, en particulier dans les services financiers spécialisés. Le phénomène de concentration ne devrait pas connaître de pause et les prix pourraient ainsi continuer de s'envoler. C'est une bonne nouvelle pour Morgan Stanley qui s'interroge sur sa filiale Discover. Cette activité, développée grâce à la fusion avec Dean Witter, est au coeur du débat qui anime les actionnaires de la banque d'affaires américaine et qui a conduit au départ du patron de l'établissement, Philip Purcell. Ce dernier a été remplacé par John Mack qui célèbre ainsi son retour dans une maison qu'il connaît bien. S'il confirme la cession de Discover, nul doute que les candidats au rachat ne manqueront pas. Et nul doute que les banques américaines laisseront peu de chances aux acteurs étrangers. Leurs profits record leur donnent largement les moyens d'écarter les éventuels compétiteurs.

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