Le pari risqué d'Apple

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Le nouveau Mac Mini est une petite merveille. Cinq centimètres de haut, seize et demi de large, la jolie boîte carrée, blanche et argentée, ne pèse qu'1,4 kilo. Elle tourne sur le dernier système d'exploitation d'Apple, Panther, dispose de la suite logicielle iLife, pour gérer ses photos, sa musique, sa vidéo... "Une unité centrale que vous pouvez déplacer de votre bureau vers la cuisine lorsque l'envie vous en prend", annonce la firme à la pomme qui, comme toujours, ouvre la voie vers de nouveaux usages de l'ordinateur personnel. Et le tout à un prix qui, cette fois, rompt avec la tradition maison : à moins de 500 euros, le Mac Mini, - livré nu, sans écran, ni clavier, ni souris, - est "le Mac le plus abordable jamais conçu". Dopé par le phénoménal succès de son baladeur numérique iPod, vendus à plus de 10 millions d'exemplaires, Apple prend goût au "mass market". Et rêve de faire décoller une part de marché tombée à moins de 4 % dans les ordinateurs individuels. Au vu des résultats trimestriels publiés mercredi, son patron Steve Jobs pourrait gagner son pari de voir les fidèles de Windows, séduits par l'iPod et son logiciel associé, l'iTunes, migrer vers le monde Mac. L'iPod semble bien avoir un effet "halo" sur les ventes de Macs qui ont progressé de 26% sur un trimestre. Les observateurs et les marchés ont salué ce tournant dans la stratégie du constructeur tout en s'inquiétant de sa capacité à produire des machines en masse sur lesquelles, de plus, la marge est réduite.Mais le Mac Mini peut-il vraiment générer le même engouement que l'iPod ? Que restera-t-il de son design épuré, fidèle à la griffe Apple, quand il sera connecté à un écran noir aux formes pataudes, à un clavier et une souris sans grâce, recyclés par l'utilisateur de PC fraîchement converti? L'opération ne risque-t-elle pas de ruiner le capital d'une marque, dont la beauté des machines est devenu au fil du temps un actif au moins aussi essentiel que la performance des processeurs ou l'ergonomie et la convivialité de l'OS? Agacé d'être interpellé sur la faiblesse de sa part de marché, Steve Jobs, le patron d'Apple, avait coutume de se comparer aux marques automobiles haut de gamme comme BMW, à qui personne ne songe à reprocher de ne pas produire des véhicules pour Monsieur Tout le Monde. Avec le Mac Mini, le positionnement marketing revient à proposer un moteur de BMW à monter dans la carrosserie d'une Logan, - qui plus est sans volant -. Sa pertinence reste à prouver. Ceux qui, depuis toujours, ont gardé leur fidélité au Mac en résistant par souci de distinction au rouleau compresseur Wintel, se sentiront trahis. Les autres pourraient rester insensibles à cette machine hybride. A moins qu'Apple ne sorte bientôt de ses cartons un écran et un clavier à bas prix, qui lui permettrait de livrer un Mac Mini complet au prix de l'entrée de gamme d'autres constructeurs. Avec le design Apple en plus....A l'image de son nouveau baladeur iPod Shuffle, moins cher et moins performant que l'iPod mais tout aussi (sinon plus) "mignon".

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