Penny stock, pénible statut

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Jour J de l'avènement du nouveau Bull : le groupe informatique procède aujourd'hui au regroupement de ses actions, un projet annoncé en novembre avec la ferme intention de rompre avec son passé de "penny stock". Cette expression venue de la City et désignant les valeurs cotant quelques pences, fut exportée à la Bourse de Paris et affublée aux titres cotant moins d'un franc puis, passage à la monnaie unique oblige, quelques centimes d'euro. Concrètement, les actions Bull, qui ont clôturé vendredi à 0,92 euro, seront regroupées sur la base de dix anciennes en une nouvelle, selon la méthode du "reverse split" ou l'inverse d'une division du nominal, les intermédiaires financiers réalisant la conversion automatique des titres pour chaque lot de dix. Le nominal sera multiplié par dix et par conséquent le nombre d'actions en circulation divisé par dix, ramené de 967 à 96 millions environ. La capitalisation boursière restera inchangée autour de 890 millions d'euros, soit 87% de plus qu'au début de l'année. Le but de l'opération est simple : redorer le blason boursier de Bull, en adéquation avec le redressement opéré par le groupe informatique et résumé par une campagne de publicité sur le thème "Back in business". Quitter le statut dévalorisant, l'image négative d'un titre au prix unitaire inférieure à un euro et ne plus être le jouet de certains spéculateurs, amateurs du "penny stock trading", présenté comme l'art de gagner gros en misant peu. En effet, toute variation à la hausse ou à la baisse d'un cent d'euro produisait une appréciation ou un repli supérieurs à 1%. Après le regroupement, la volatilité du titre sera nettement amoindrie : une variation de 1 centime d'euro ne générera plus qu'un écart de 0,1% environ. Mercredi dernier, Euro Disney a annoncé qu'elle soumettrait un projet de regroupement de ses titres au vote des actionnaires dans deux mois, lors de l'assemblée du 10 février, à raison de 100 actions anciennes pour une nouvelle. Vendredi, le titre Euro Disney cotait 0,11 euro, en repli de 22% depuis janvier. L'exploitant du parc de loisirs, qui a accru sa perte opérationnelle cette année, a grand besoin d'améliorer son image financière...Alstom, qui fut le premier à procéder à ce type d'opération cet été, a fait école. Le 3 août dernier, le groupe d'énergie et de transport a regroupé ses actions sur une parité de 40 anciennes pour une nouvelle, le prix du titre passant de 84 centimes pour 33,60 euros. Il en cote 47,50 euros désormais. Faire table rase du passé, renaître de ses cendres, voir le bout du tunnel : de nombreux parias de la Bourse en rêvent. Le groupe de chimie Rhodia en caresse le projet, dans l'espoir d'une stabilisation de son actionnariat. Même Eurotunel y songe : un regroupement devrait permettre à l'action, qui vaut 0,27 euro, de se situer au niveau du cours d'introduction, voire au-dessus selon son Pdg. Mais l'opération ne pourra avoir lieu en cas d'échec des négociations avec les banques. Penny stock, un pénible statut qu'on ne peut abandonner sans faire l'économie d'une véritable restructuration.

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