Les citadins chinois s'inquiètent de leur protection sociale

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Selon le rapport annuel de l'Académie des sciences sociales de Chine, la protection sociale est désormais la principale préoccupation des citadins chinois, devant le chômage.

La question devait bien se poser un jour. Selon le rapport annuel de l'Académie des sciences sociales de Chine (CASS), dont les conclusions ont été dévoilées dans la presse chinoise, la protection sociale est devenue en 2006 le premier sujet d'inquiétude des citadins chinois.

En effet, pour 38% des personnes interrogées, la sécurité sociale constitue la principale préoccupation. Cette inquiétude quant à la protection sociale dépasse désormais la peur du chômage (32,5%). Entre 2001 et 2005, les problèmes d'emploi étaient considérés comme les plus importants par les citadins.

Plus précisément, selon ce rapport, plus d'un tiers des citadins chinois ne bénéficient aujourd'hui d'aucune couverture sociale. Quant à la plupart de ceux qui en bénéficient, ils ne sont couverts que partiellement. Une absence de protection sociale qui participe en partie au faible coût de la main-d'oeuvre dans l'Empire du Milieu. Rappelons que moins d'un Chinois sur deux (43%) vit en ville.

Cette absence de protection sociale est un fait nouveau. Il accompagne la privatisation continue de l'économie et le désengagement financier de l'Etat. "Le problème devient d'autant plus criant que les soins médicaux coûtent de plus en plus chers et que la population chinoise vieillit, entraînant un sérieux problème de financement des retraites", note le rapport. Cette inquiétude légitime est aussi alimentée par les scandales de corruption touchant des fonds de pension, comme celui qui a ébranlé Shanghai cette année, estime la CASS.

Le problème pourrait devenait plus aigu en cas de ralentissement prononcé de l'économie. Alors que le PIB devrait progresser de 10,5% cette année, de 9% en 2007 et de 8% en 2008, la vitalité de l'économie chinoise dépend en grande partie de la bonne santé de l'économie américaine, le principal débouché des produits "made in China", soulignent les experts de la Société Générale. Cette épée de Damoclès, si elle s'abattait sur la Chine, provoquerait mécaniquement une hausse du taux de chômage - estimé à 4,5% dans les villes - et compliquerait sérieusement le financement de la protection sociale. Même si celle-ci n'est à l'heure actuelle que parcellaire.

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