L'exil de Johnny Halliday déchaîne les passions

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La décision de Johnny Halliday de s'installer en Suisse pour échapper à la fiscalité française continue à faire des vagues. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, considère ce choix comme scandaleux. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, y voit la preuve qu'"il y a bien un problème". Mais le candidat à l'élection présidentielle n'entend pas pour autant supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Après le vrai-faux départ de Laetitia Casta pour Londres, le vrai départ fiscal de Johnny Hallyday pour la Suisse continue de déchaîner les passions. L'interprète français des "Portes du pénitencier" a annoncé ce jeudi qu'il partait s'installer à Gstaadt pour raison fiscale. Johnny Halliday qui, en 1989, chantait "aujourd'hui, on a plus le droit ni d'avoir faim, ni d'avoir froid" pour les Restos du Coeur et proposait de "dépasser le chacun pour soi", explique aujourd'hui qu'il en a "marre, comme beaucoup de Français, de payer ce qu'on nous impose comme impôts".

Les étrangers fortunés qui souhaitent se délocaliser en Suisse peuvent bénéficier de conditions fiscales avantageuses. Ils doivent pour cela demeurer six mois par an en Suisse et ne pas travailler dans la Confédération helvétique. L'imposition est établie sur la base des dépenses du riche exilé et non de ses revenus. Le loyer ou la valeur locative du domicile servent de base au calcul. Le taux d'imposition, qui varie d'un canton à l'autre, s'applique à cinq fois le loyer annuel.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, juge "assez scandaleux" le départ annoncé de Johnny Halliday au moment où "d'autres essayent de porter la parole des plus démunis". Nicolas Sarkozy, qui compte Johnny Halliday parmi ses amis, estime lui aussi qu'il y a un "problème". Mais de nature différente. "Un pays où tant de nos artistes, de nos créateurs, de nos chercheurs, où tant de gens se disent qu'il faut partir, c'est bien qu'il y a un problème", a regretté le ministre de l'Intérieur. Pourtant, le candidat à l'élection présidentielle ne souhaite "pas" supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). "Quand on gagne de l'argent, c'est normal de payer des impôts", a-t-il indiqué.

A quelques mois de la présidentielle de 2007, l'opposition ne s'est pas privée d'ironiser sur le départ annoncé du chanteur, qui s'était affiché aux côtés de Nicolas Sarkozy début septembre à l'université d'été de l'UMP. "Nicolas Sarkozy devrait se méfier de ses propres amis", a estimé jeudi le premier secrétaire du PS, François Hollande. Dans la même veine, François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle, a affirmé que Nicolas Sarkozy "n'a pas de chance avec ses soutiens".

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