Iran : une étude américaine craint une pénurie de pétrole

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Selon une étude américaine, les gisements iraniens de pétrole ne seraient pas illimités. Ce qui expliquerait la volonté farouche de Téhéran de développer son programme nucléaire civil, dont la la première phase débutera en février.

Les imams iraniens seraient-ils tout simplement prévoyants? Alors que le monde occidental panique à l'idée que l'Iran puisse mettre au point une bombe nucléaire, une étude publiée ce mardi par la revue "Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States" explique que l'Iran ne souhaite développer le nucléaire civil que pour éviter d'avoir à faire face dans les prochaines années à une pénurie d'énergie. Une pénurie due en grande partie par le manque d'investissements dans le secteur pétrolier.

"L'image de l'Iran comme producteur de pétrole aux vastes réserves est trompeuse. Depuis 1980, la croissance de la demande énergétique en Iran a atteint 6,4%, ce qui est supérieur à la croissance de l'offre (+5,6%) et les exportations stagnent depuis 1996", estime Roger Stern, chercheur à la Johns Hopkins University et auteur de cette étude qui ne devrait pas manquer d'alimenter la polémique.

Selon l'étude américaine, la production de l'Iran - le deuxième producteur de l'Opep derrière l'Arabie saoudite - a été inférieure lors des 18 mois écoulés au quota fixé par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), ce qui témoigne des difficultés de production dans ce pays. Selon Roger Stern, cette crise énergétique potentielle pourrait faire chuter le régime actuellement en place à Téhéran. Mais il ajoute également qu'il n'y a pas de raison de douter des accusations des Etats-Unis et d'autres pays pour qui le programme nucléaire iranien a des objectifs militaires.

"La dépendance du régime iranien vis-à-vis du revenu des exportations pétrolières laisse suggérer qu'il pourrait avoir autant besoin du nucléaire qu'il l'affirme. Notre étude suggère que le secteur pétrolier iranien ne sera pas capable d'attirer un investissement suffisant pour maintenir les exportations. Les maintenir exigerait une augmentation de l'investissement étranger alors qu'il semble décliner", ajoute le chercheur.

Cette étude explique également que c'est en raison des prix très bas sur le marché iranien, largement subventionnés par le gouvernement que l'entreprise nationale ne fait pas assez de bénéfices sur le marché iranien. Qui dépend donc quasi-exclusivement des exportations.

D'où la nucléarisation souhaitée par le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Malgré les pressions occidentales. L'une des dernières en date a été prise samedi 23 décembre. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution imposant à l'Iran des sanctions touchant à ses programmes nucléaires et balistiques. En contrepartie, le Parlement iranien a commencé aujourd'hui l'examen d'une loi obligeant le gouvernement à "réviser sa coopération" avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Aujourd'hui encore, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mehdi Mostafavi, a déclaré que le gouvernement lancerait en février la première phase de production du combustible nucléaire pour des besoins industriels.

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