La pérennité du système de retraite français en question

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Selon le baromètre européen des retraites publié par Aon Consulting, la France se situerait à la 22ème position des vingt-cinq pays de l'Union européenne, devant la Slovénie et la Belgique, lanternes rouges du classement. Le Danemark, qui anticiperait le mieux le financement de ses dépenses de retraite, se classe en première position.

La France ne réunirait plus aujourd'hui toutes les conditions pour couvrir le coût des retraites des ses seniors. C'est ce que révèle le baromètre européen des retraites 2006 publié par Aon consulting. L'Hexagone se situe en effet à la 22ème position des vingt-cinq pays de l'Union européenne, juste devant la Slovénie et la Belgique, lanternes rouges du classement. Le Danemark, premier du classement, est selon Aon consulting, le pays qui anticipe le mieux le financement de ses dépenses de retraite.

Pour établir ce classement, Aon consulting, un des leaders mondiaux du conseil en retraite, protection sociale, rémunération et ressources humaines, a pris en compte dans chacun des vingt-cinq pays membres de l'Union européenne un certain nombre de données comme les facteurs démographiques, le poids respectif des retraites par répartition et par capitalisation, et l'espérance de vie à la naissance.

Résultat : la Portugal qui était classé au premier rang l'année dernière, redescend au 13ème rang, en raison notamment de l'allongement de l'espérance de vie dans le pays, mais aussi de la mise en place de systèmes de retraites par capitalisation dans d'autres pays de l'UE et la prise en compte de nouveaux pays dans l'étude.

En revanche, les 2ème et 4ème de cette étude sont l'Estonie et la Lituanie, deux nouveaux venus dans l'UE. Leur arrivée a eu pour effet de reléguer les Pays-bas et le Royaume-Uni respectivement à la 5ème et la 6ème place du classement. L'Irlande se classe quant à elle en troisième place.

Aon consulting constate que les dix nouveaux entrants ont rapidement redessiné le paysage des retraites dans l'UE : "leur bonne positon s'explique par une espérance de vie à la retraite parmi les plus courtes d'Europe". Mais "des modifications structurelles récentes pourraient impacter ces résultats". Il constate notamment qu' "en 2005, ils ont déjà subi le plus fort taux de migration diminuant la population active. Entre 2003 et 2005, ils seront confrontés également à un accroissement de 39 % du nombre de retraités par rapport aux actifs, alors que sur la même période cette progression ne sera que de 32 % dans la "vieille Europe"".

Selon Donald Duval, directeur de l'actuariat chez Aon consulting UK, "l'étude révèle que certains pays, comme le Danemark et l'Estonie, ayant favorisé des départs à la retraite tardifs et l'emploi des seniors, sont bien placés pour relever le défi des retraites. A contrario, les pays qui ont traditionnellement encouragé les départs anticipés tels que la France, la Belgique et la Grèce, se trouvent confrontés à des difficultés de financement". Et de pronostiquer que, dans ces pays, "malgré une prise de conscience et la mise en oeuvre de nombreuses réformes, la restauration d'un régime de retraite viable sera longue et laborieuse".

Pour Benjamin Oyer, directeur du pôle retraite chez Aon consulting, assurance de personnes, "la mauvaise place de la France dans ce baromètre européen s'explique par un accroissement de l'espérance de vie associé à un départ en retraite précoce, sans qu'aucun régime de retraite surcomplémentaire n'ait été instauré".

Toujours selon ce baromètre, les Français attendent beaucoup de leur entreprise. De nombreux sondages révèlent que les salariés souhaitent la mise en place de régimes complémentaires de retraites collectifs (article 83, PERCO, PERE). Cette étude conclut sur le fait qu'un grand nombre de pays de l'UE devrait suivre l'exemple du Danemark, qui a repoussé l'âge légal de la retraite et instauré un système de retraite complémentaire par capitalisation.

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