Les éditeurs européens de logiciels, un vivier économique mal exploité

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Les 100 premiers d'entre eux réalisent plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an. Mais ils sont encore loin d'atteindre les performances de leurs concurrents américains.

Ce jeudi matin, les principaux éditeurs européens de logiciels sont allés présenter un état des lieux de leur industrie devant la Commission européenne. A la lecture de ce rapport (baptisé le Truffle 100) établit par le Syntec Informatique et les cabinets IDC et CXP, le constat est plutôt mitigé. D'un côté, on s'aperçoit que cette industrie est réellement dynamique. Les 100 premiers éditeurs européens qui emploient près de 150.000 collaborateurs ont réalisé 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2005 avec une croissance de 15,1% entre 2004 et 2005 et une progression de leurs bénéfices supérieure à 35%.

Le champion toute catégorie est SAP avec 8,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires devant Sage (1,1 milliard d'euros), Dassault Systèmes (934,5 millions) et Business Objects (865 millions). La puissance de SAP est réjouissante car elle en fait un vrai concurrent des géants américains (Microsoft, Oracle, Computer Associates...). Mais par ailleurs, l'écart est tellement important avec les autres qu'il montre que sans l'éditeur allemand (qui réalise 42% du chiffre d'affaires total), le marché européen des logiciels reste très fragmenté.

C'est en effet, l'autre face de ce rapport: il met en évidence une industrie très éparpillée, composée essentiellement de PME (le cinquantième du classement, Intershop, réalise 65 millions d'euros de chiffre d'affaires) et qui pour la plupart restent des acteurs locaux quasiment sans activité à l'international. Cette fragilité est d'autant plus marquée quand on étudie les investissements en recherche et développement, une activité pourtant essentielle à l'industrie du logiciel. Les sociétés du Truffle 100 investissent chaque année 2,7 milliards d'euros en R&D. A titre de comparaison, Microsoft à lui seul, dépense 5,3 milliards d'euros et Oracle, le deuxième éditeur mondial, 1,5 milliard d'euros. Et si l'on veut établir une relation de cause à effet, on note que la croissance de Microsoft (quasiment sans acquisition, contrairement à beaucoup de sociétés européennes) approche les 22%.

Pour les éditeurs du Vieux Continent, l'enjeu est donc de taille, d'autant que si aujourd'hui la concurrence vient des Etats-Unis, demain elle arrivera aussi d'Inde et de Chine. Les membres du Truffle 100 ont donc fait quelques propositions à Viviane Reding, la commissaire européenne à la société de l'Information et aux Médias. Ils demandent notamment que soit adopté en Europe l'équivalent du "Small Business Act" américain qui accorde une place préférentielle dans les commandes publiques aux entreprises locales. Ils demandent également une plus grande participation des fonds publics à la R&D, une meilleure protection intellectuelle des brevets et la possibilité d'établir davantage de partenariats entre le public et le privé.

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