Mandelson rejette l'idée de "taxe verte" contre les pays n'ayant pas ratifié Kyoto

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Défendue par Dominique de Villepin, l'idée de "taxe verte" sur les produits en provenance des pays n'ayant pas ratifié le traité de Kyoto devrait être rejetée par Peter Mandelson. Le Commissaire au commerce estime qu'elle serait trop difficile à mettre en place et contraire à l'esprit de coopération internationale.

Comme l'indique un communiqué publié sur le site de la Commission européenne ce matin, le Commissaire au commerce extérieur Peter Mandelson devrait aujourd'hui rejeter la proposition de la France d'appliquer une "taxe verte" aux pays n'ayant pas ratifié le protocole de Kyoto. Destinée à annuler l'avantage compétitif des pays qui ne restreignent pas leurs émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique, cette taxe serait en effet "trop problématique" dans le cadre de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) et presque impossible à mettre en place.

Vice-président de la Commission européenne, Gunter Verheugen avait validé cette proposition qui avait été émise par des conseillers de gouvernements et des capitaines d'industrie. Peter Mandelson a diffusé ce matin un discours par le biais d'un podcast (émission Internet diffusée à des abonnés) sur le site de la Commission européenne adressé à 45.000 utilisateurs afin d'argumenter son point de vue.

"La non participation au protocole de Kyoto n'est pas illégale, et elle n'est pas non plus une obligation dans le cadre de l'OMC", est-t-il précisé. Par ailleurs, "comment aurait-on pu choisir les produits concernés par cette 'taxe verte'? D'un côté, la Chine a ratifié Kyoto sans avoir pris d'engagement contraignant de réduction des gaz à effet de serre en raison de son statut de pays sous-développé. De leur côté, les Etats-Unis n'ont pas ratifié, mais certains Etats comme la Californie ont d'ambitieuses politiques environnementales".

Mais au-delà de ces considérations, une telle mesure compromettrait la coopération internationale sur le combat contre le réchauffement climatique. Le Premier ministre Dominique de Villepin avait adhéré à cette idée le mois dernier en raison de ses craintes sur la hausse des prix de l'énergie et des coûts industriels liée aux efforts de réduction de CO2 dans l'Union européenne.

Le Premier ministre "souhaite que nous étudiions avec nos partenaires européens le principe d'une taxe carbone sur les importations de produits industriels en provenance des pays qui refuseraient de s'engager en faveur du protocole de Kyoto après 2012", avait indiqué son cabinet au terme du comité interministériel pour le développement durable visant à actualiser le plan climat en novembre.

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