Ben Bernanke appelle la Chine à réévaluer sa monnaie

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Le président de la banque centrale américaine a appelé ce matin la Chine à réévaluer sa monnaie dans l'intérêt même de la croissance et de la stabilité de l'économie chinoise. En juillet 2005, la Chine avait fait un geste timide en liant sa monnaie à un panier de devises. La monnaie chinoise a aussi été réévaluée à 8,11 pour un dollar, ce que les Américains jugent largement insuffisant.

Le président de la banque centrale américaine (FED) Ben Bernanke a appelé ce matin la Chine à réévaluer sa monnaie dans l'intérêt même de la croissance et de la stabilité de l'économie chinoise. Dans des notes préparatoires à un discours à Pékin, il estime qu'"une poursuite de l'appréciation du renminbi (...) permettrait à la politique monétaire d'être efficace et indépendante et cela aiderait ainsi à renforcer la stabilité et la croissance de la Chine à l'avenir".

Ben Bernanke souligne qu'il est dans l'intérêt même de la Chine d'augmenter la flexibilité de son taux de change car sinon le système risque de trouver rapidement ses limites. Pour maintenir le taux de change du renminbi, ou yuan, la banque centrale chinoise achète des dollars, et afin de limiter la croissance de la masse monétaire elle vend des bons aux investisseurs. Mais "si elle continue d'utiliser cette stratégie elle finira par buter sur des problèmes", notamment en entretenant la spéculation sur le yuan, estime le président de la Banque centrale américaine.

En juillet 2005, la Chine avait fait un geste timide en liant sa monnaie à un panier de devises. La monnaie chinoise a aussi été réévaluée à 8,11 pour un dollar, ce que les Américains jugent largement insuffisant.

Le président de la banque centrale s'exprimait dans le cadre d'une visite de hauts responsables économiques en Chine, emmenés par le secrétaire au Trésor Henry Paulson pour initier un "dialogue économique stratégique" entre les deux pays. A l'instar du gouvernement américain, il a souhaité un plus grand respect de la propriété intellectuelle et une réforme des marchés financiers. "A long terme, la poursuite de la croissance et de la modernisation de l'économie chinoise vont exiger un assouplissement important des restrictions actuelles sur les flux de capitaux financiers qui entrent et qui sortent du pays", affirme-t-il.

Ben Bernanke juge aussi nécessaire pour la Chine de rééquilibrer sa croissance en la tournant plus vers la demande intérieure. "Avec l'important déficit commercial américain, les excédents chinois contribuent au schéma actuel de déséquilibres mondiaux que beaucoup d'économistes jugent intenables à long terme", souligne-t-il. "A mon avis, non seulement la réduction des déséquilibres chinois contribuerait à la stabilité financière mondiale, mais ce serait aussi dans l'intérêt chinois".

Là aussi la réévaluation du yuan aiderait en rendant les produits étrangers moins chers à l'achat, et en incitant les entreprises chinoises à plus se concentrer sur le marché intérieur. Mais "le moyen le plus direct et le plus efficace pour réduire les excédents (...) serait de prendre des mesures pour réduire le taux d'épargne" chinois, estime le patron de la Fed.

La faiblesse du réseau d'assurance sociale est l'une des causes de la forte épargne chinoise, selon Ben Bernanke.
Dans cette optique, "un programme soutenu d'expansion des services sociaux peut réduire l'épargne et augmenter le niveau de vie en Chine. Notamment, une hausse des dépenses publiques pour la santé, l'éducation et d'autres services sociaux augmenterait la consommation des ménages et celle du gouvernement". Mais pour réduire les déséquilibres mondiaux les Etats-Unis doivent aussi "jouer un rôle", notamment "en augmentant son propre taux d'épargne et en évitant le protectionnisme", souligne enfin Ben Bernanke.

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