L'armée éthiopienne accroît sa pénétration en Somalie

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L'armée éthiopienne, qui a lancé une intervention armée en Somalie contre les combattants des tribunaux islamistes qui contrôlent le pays, affirme s'être emparée de six localités somaliennes et se diriger vers Mogadicio. Le Conseil de sécurité de l'Onu va se réunir en urgence.

Les troupes éthiopiennes prennent l'avantage en Somalie. Selon Addis-Abeba, l'armée contrôle déjà six villes et se dirige vers Mogadiscio, la capitale du pays. L'ambassadeur de Somalie en Ethiopie - qui représente le gouvernement de transition, menacé par les islamistes - a affirmé que l'armée éthiopienne pourrait en prendre le contrôle "d'ici 24 à 48 heures". Le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi a, d'après l'AFP, souligné que ses troupes engagées ne visaient pas la capitale somalienne. Une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies est prévue à 21 heures (heure de Paris) pour évoquer la situation en Somalie après six jours de combats.

De leur côté, les combattants des tribunaux islamiques ont reconnu avoir cédé du terrain en raison d'un "changement de tactique militaire". En clair, les miliciens islamistes se préparent à "mener une guerre de longue haleine avec l'Ethiopie", comme l'a mis en garde leur chef, cheikh Sharif Sheik Ahmed, répertorié comme terroriste par les Etats-Unis.

Ce retrait intervient après l'entrée en action, hier, de l'aviation éthiopienne, qui a notamment bombardé l'aéroport de Mogadiscio, tenu par les combattants des tribunaux islamiques. Ces revers pour les miliciens interviennent après plusieurs mois d'une poussée progressive qui leur a permis de prendre le contrôle de la majeure partie du centre et du sud de la Somalie, un pays en guerre civile depuis 1991.

D'après le gouvernement éthiopien, les islamistes "ont subi de lourdes pertes humaines et matérielles". Le premier ministre a estimé à "plus de 1000 morts et plus de 3000 blessés" le nombre de victimes. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avance des chiffres largement inférieurs avec plus de 800 blessés et des "milliers" de civils déplacés, depuis le 20 décembre. L'organisation a rappelé qu'il ne s'agissait là que d'une évaluation partielle, qui "donne une idée de la violence des combats". Le Haut Commissaire des Nations unies pour les Réfugiés, Antonio Guterres a également mis en garde contre un exode massif de la population somalienne, hors de ses frontières.

Le conflit opposait initialement les combattants des tribunaux islamiques au gouvernement transitoire somalien, en place depuis 2004, qui s'est révélé incapable de contrer l'avancée des islamistes. Addis-Abeba lui a apporté son soutien, arguant que l'implantation d'un tel mouvement chez son voisin, livré au chaos depuis quinze ans, constituait une menace intolérable pour sa sécurité. Mais l'intervention de l'Ethiopie, alliée des Etats-Unis dans la région, fait maintenant craindre une extension des combats dans toute la corne de l'Afrique, une zone stratégique dans la lutte contre le terrorisme. L'organisation de la conférence islamique (OCI) a appelé aujourd'hui au "retrait immédiat" des troupes éthiopiennes, tandis que l'Union africaine (UA) a décidé d'une "réunion de concertation" demain après-midi, avec les membres de la Ligue arabe et de l'Igad (Autorité intergouvernementale de développement).

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