Le patron de Siemens admet avoir eu connaissance de comptes suspects

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Klaus Klienfeld, le patron du conglomérat allemand Siemens éclaboussé par un scandale de caisses noires, admet dans un entretien à la presse avoir eu connaissance de l'existence d'un compte bancaire suspect quelques mois avant le déclenchement des procédures judiciaires. L'enquête Siemens concerne un total de 420 millions d'euros de fonds détournés pendant sept ans vers des comptes bancaires à l'étranger.

Klaus Klienfeld, le patron du conglomérat allemand Siemens éclaboussé par un scandale de caisses noires, admet samedi dans un entretien à la presse avoir eu connaissance de l'existence d'un compte bancaire suspect quelques mois avant le déclenchement des procédures judiciaires. Le Financial Times de samedi indique en effet que Klaus Kleinfeld a appris par une enquête interne l'existence d'un compte bancaire suspect en Suisse en janvier 2004, pendant son bref passage à la tête de la division de télécommunications Com, au centre de l'affaire.

Il présume que les perquisitions opérées par le justice allemande à la mi-novembre étaient liées à cette affaire suisse, ajoute-t-il, assurant n'avoir pas su l'étendue du scandale avant le début de l'enquête du Parquet de Munich.
Début 2004, son travail prioritaire était la restructuration de la division Com qui lui laissait très peu de temps pour autre chose, expliquet-il au journal.

L'enquête Siemens porte sur une douzaine de personnes, couvre plusieurs pays (Allemagne, Grèce, Suisse...) et concerne un total de 420 millions d'euros de fonds détournés pendant sept ans vers des comptes bancaires à l'étranger. Ils étaient destinés à favoriser l'attribution de contrats ou sous forme de versements pour des prestations fictives.

Cinq personnes, dont Thomas Ganswindt, ancien patron de la division Com et ex-membre du directoire central de la société, ont été interpellées puis remises en liberté cette semaine après avoir coopéré avec la justice. Ces dessous de table ne sont pas une pratique normale, comme le clament les avocats des salariés, mais bien une entreprise criminelle, assure Klaus Kleinfeld au Financial Times.

"Vous avez besoin de trois signatures dans le système de paiement et il est possible, comme il le semble dans cette affaire, qu'elles travaillent toutes ensemble", expliquéet-il encore. "Avec une moyenne de 9 millions d'euros de paiements quotidiens, il était difficile de tout surveiller".

Le recrutement du cabinet d'avocats américain Debevoise et Plimpton, mandaté pour examiner ses mécanismes anti-corruption, et du co-fondateur de l'ONG anti-corruption Transparency International et ancien enquêteur du Watergate Michael Herschman montrent que Siemens prend au sérieux cette affaire, affirme le patron de Siemens.

L'ampleur du scandale a jeté une ombre sur la réputation de Siemens et commence à peser sur son activité. Le finlandais Nokia, partenaire désigné de la division Com dans les réseaux téléphoniques, a la semaine dernière retarder la constitution d'une alliance prévue de longue date. Mais Klaus Kleinfeld est convaincu que la fusion va se faire, presque certainement sans pénalités finacières pour Siemens.

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