L'Iran défie l'ONU en accélérant l'enrichissement d'uranium

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Téhéran persiste et signe et ne reviendra pas sur son programme nucléaire. L'Iran va installer 3.000 centrifugeuses afin d'enrichir l'uranium..

L'Iran défie le Conseil de sécurité de l'ONU après le vote d'une résolution lui imposant des sanctions. Téhéran a en effet indiqué qu'il avait entamer immédiatement des travaux pour installer 3.000 centrifugeuses afin d'enrichir l'uranium.

Au lendemain du vote, le président Mahmoud Ahmadinejad s'est lui-même chargé de résumer la position de Téhéran, déclarant que l'Occident devait accepter "de vivre avec un Iran nucléaire". "Notre réponse immédiate à la résolution (...) est que, dès aujourd'hui (dimanche), nous allons commencer nos activités (pour installer) 3.000 centrifugeuses sur le site de Natanz et nous irons en avant à toute vitesse", a auparavant indiqué Ali Larijani, le chef des négociateurs nucléaires iraniens, au quotidien conservateur Kayhan.

L'Iran a déjà installé deux chaînes de 164 centrifugeuses à Natanz (centre du pays). "Que l'Occident le veuille ou non, l'Iran est un pays nucléaire et il est de son intérêt de vivre aux côtés de l'Iran nucléaire", a dit le président Mahmoud Ahmadinejad. "Ils veulent activer certains groupes (à l'intérieur du pays), c'est pourquoi ils agitent un morceau de papier (la résolution, ndlr) déchiré pour diviser les rangs du peuple", a-t-il poursuivi.

Selon lui, cette "action n'affectera pas le peuple iranien" et les signataires vont "bientôt regretter leur action superficielle et triviale". "D'un côté vous envoyez des messages d'amitié et de l'autre vous nous montrez les dents. Arrêtez ce double jeu", a clamé M. Ahmadinejad à l'adresse de l'Occident.

Pour sa part, le parlement iranien a commencé le 24 décembre une procédure d'urgence pour voter une loi obligeant le gouvernement à "réviser sa coopération" avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Les députés ont voté à une très large majorité cette procédure qui signifie que le texte sera examiné de manière prioritaire par rapport aux autres. Plusieurs députés ont en outre demandé que l'Iran quitte le Traité de non-prolifération et expulse immédiatement les inspecteurs de l'agence.

Un député a même demandé la fermeture de l'ambassade de Grande-Bretagne et l'expulsion des ambassadeurs britannique, français, allemand et russe. Dans une déclaration, les députés ont condamné la résolution votée par le Conseil de sécurité. "On ne doit pas s'attendre à ce que nous ayons le même niveau de coopération avec l'AIEA" après ce vote, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini.

Le président Ahmadinejad a de nouveau répété que les Iraniens allaient organiser "une grande fête de la nucléarisation de l'Iran" lors des cérémonies marquant l'anniversaire de la victoire de la révolution islamique, en février. "Nous avons dit par le passé que si les Occidentaux voulaient instrumentaliser le Conseil de sécurité, cela n'aurait aucune influence sur nous mais nous rendrait plus déterminés à poursuivre plus rapidement nos objectifs dans le domaine nucléaire", a déclaré M. Larijani. Il a également dénoncé le "silence" du Conseil de sécurité après les déclarations du Premier ministre israélien Ehud Olmert, qui avait laissé entendre que l'Etat hébreu possédait des armes nucléaires.

Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a de son côté mis en garde Téhéran contre un "isolement total". "Je ne peux pas penser un instant que l'ensemble des autorités iraniennes puissent décider de l'isolement total de leur pays. Je crois au contraire que leur intérêt est de se tourner vers la négociation", a déclaré M. Douste-Blazy, dimanche à la radio France Inter.

Après près de quatre mois de discussions, les grandes puissances ont finalement réussi à se mettre d'accord sur un texte de résolution qui a été voté samedi et qui prévoit des sanctions contre les programmes nucléaire et balistique de l'Iran.

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