Sarkozy propose un ministère spécifique à l'immigration

Le ministre de l'Intérieur se déclare favorable à un traité international sur les flux migratoires. Les reconduites à la frontières de migrants en situation illégale atteindraient 24.000 en 2006 pour la seule métropole pour un objectif fixé à 25.000 en début d'année. La gauche critique les propositions de Nicolas Sarkozy.

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L'immigration devrait être un thème majeur de la campagne présidentielle, selon le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, candidat à la candidature de l'UMP, qui a présenté ce lundi ses propositions en la matière. Partant du principe que " les flux migratoires sont l'un des enjeux fondamentaux de l'avenir " et qu'il serait " impardonnable de continuer à fermer les yeux sur cette réalité ", le ministre a défendu sa loi du 24 juillet sur l'immigration choisie, dont le but principal est de faire passer l'immigration de travail actuellement de 7 % de l'immigration régulière à "au minimum" 50 %, tout en reconnaissant que ses effets "ne se feront sentir qu'à partir de 2007".

Pour l'avenir, Nicolas Sarkozy veut confier à un "seul ministre" la responsabilité "des différents volets de la politique d'immigration". Celui-ci serait chargé notamment de "la maîtrise de l'immigration familiale, la lutte contre les abus et la fraude, et l'assouplissement des conditions de l'immigration dont notre économie a besoin". Récusant la notion de quotas, il a dit sa préférence pour la fixation d'"objectifs", expliquant ne pas vouloir "d'un système rigide".

Niocolas Sarkozy nourrit en outre l'"ambition" d'ouvrir "le grand chantier d'un traité sur les migrations internationales", observant que si la communauté internationale "s'est organisée pour coopérer dans la gestion des grands enjeux planétaires (...), les migrations internationales sont abandonnées au chaos planétaire". L'application de ce traité, stipulant "des droits et des devoirs pour les Etats et les migrants", incomberait à "une agence internationale". Partisan d'un "pacte européen sur l'immigration et la généralisation d'accords avec les pays d'origine sur la gestion des flux, il a appelé aussi à "bâtir une grande politique de co-développement".

Evoquant les transferts de fonds des migrants en France vers leur pays d'origine, soit "8 milliards d'euros, somme consacrée à 80 % à la consommation courante", Nicolas Sarkozy a estimé que "l'utilisation, même partielle de cette somme à des fins d'investissement productif pourrait devenir un levier essentiel du développement". Il a également préconisé de "généraliser la politique d'aide aux micro-projets en faveur des migrants de retour dans leur pays", dont le nombre a doublé en 2006, pour s'élever à 2.000 personnes.

Enfin, le ministre a annoncé que les reconduites à la frontières de migrants en situation illégale atteindraient "24.000 en 2006 pour la seule métropole pour un objectif fixé à 25.000 en début d'année". Le ministre n'a d'ailleurs pas hésité à se rendre sur le terrain dans une préfecture de banlieue, en l'occurence à Bobigny (Seine Saint Denis), pour rencontrer et soutenir les agents publics chargés de traiter les dossiers des étrangers. "Vous n'avez pas à vous excuser d'appliquer la loi de la république", leur a-t-il lancé.

Sans surprise, le PS, par la voix de Jean-Michel Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a critiqué les propositions de Nicolas Sarkozy, les taxant de "faux-semblants" et d'"opportunisme électoral". De son côté, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) a exprimé d'"extrêmes réserves" sur l'idée de former un ministère spécifique à l'immigration, au motif que cela risquait "de faire des difficultés dont sont aujourd'hui victimes les immigrés et leurs enfants une problématique spécifique nécessitant un traitement à part". Le mouvement préfèrerait que la coordination du dossier de l'immigration revienne au Premier ministre, et réclame la régularisation globale des sans papiers.

A l'autre bout de l'échiquier politique, le bras droit de Philippe de Villiers (MPF), Guillaume Peltier, a estimé que les 24.000 reconduites à la frontière revendiquées par Nicolas Sarkozy constituaient un "échec" puisque, selon le numéro deux du MPF, "quand quatre clandestins entrent, un seul est expulsé". Le MPF juge en outre tardive la proposition de créer un ministère spécifique à l'immigration.

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