Polémique autour de l'euro fort

 |  | 514 mots
Lecture 2 min.
Depuis Tokyo où elle effectue une visite, la ministre française déléguée au Commerce extérieur a déclaré mercredi que l'euro est "très haut" et rend difficile les exportations françaises. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia estime, lui, qu'il n'y a pas de raison de s'alarmer.

L'euro fort (il a atteint mardi le seuil de 1,32 dollar avant de se replier légèrement et a établi un record historique face à la monnaie japonaise à 153,36 yen) alimente en ce moment les conversations. Avec le sentiment que les responsables français sont les seuls à sonner le tocsin.

La ministre française déléguée au Commerce extérieur Christine Lagarde estimait ainsi ce mercredi matin depuis Tokyo où elle effectuait une visite que "l'euro est très haut. Il est haut par rapport au dollar et il est haut par rapport au yen. C'est difficile pour les exportateurs français en ce moment, ce qui montre le niveau de qualité et de compétitivité qu'ils doivent déployer pour rivaliser avec les autres".

Son ministre de tutelle, Thierry Breton, en charge de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, a enfoncé le clou en jugeant "important" que la BCE, la Banque centrale européenne, "entende" ce que disent les ministres de l'Eurogroupe concernant le taux de change euro-dollar, soulignant qu'ils ont prôné la "vigilance".

Quand l'euro a dépassé 1,30 dollar, "j'ai souhaité que nous ayons une expression nouvelle, c'est à dire que nous exprimions notre vigilance collective" au sein de l'Eurogroupe, a-t-il indiqué au cours de la conférence de presse mensuelle du Premier ministre, Dominique de Villepin.

Inquiétude française, vigilance européenne, Bruxelles répond par la voix du Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia. Il estime dans une interview au Monde daté de jeudi que la hausse de l'euro "suscite certains problèmes pour le secteur exportateur", mais qu'il n'y a "aucune raison d'être alarmé par la situation".

Il considère par ailleurs que le niveau actuel des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne, dont la politique est régulièrement critiquée en France, n'est pas un frein pour la croissance. A ses yeux, "les raisons pour lesquelles nous avons des taux de croissance plus faibles dans la zone euro sont plutôt d'ordre structurel".

Comme en écho, Jürgen Stark, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a estimé mercredi que les conditions de financement de la croissance dans la zone euro étaient "favorables" et souhaité que les taux d'intérêt soient portés à un niveau "normal".

Stark soutient ainsi les récents appels des ministres des Finances et banquiers centraux du G20. Le groupement des pays développés et émergents a estimé il y a dix jours que les taux d'intérêt étaient bas, non seulement au sein des Douze, mais à l'échelle mondiale, depuis quatre ans.

Il met aussi en garde contre le risque de pressions inflationnistes qui découleraient de l'amélioration du marché du travail et de la poursuite de la hausse du crédit dans un contexte de croissance solide.

La BCE a signalé son intention de relever son principal taux directeur à 3,50% lors de sa réunion du 7 décembre mais n'a donné aucune indication sur l'évolution de sa politique monétaire en 2007.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :