Le PSG mis en examen sur les transferts douteux

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Le club de football du Paris Saint-Germain annonce par la voix de son avocat avoir été mis en examen en tant que personne morale dans le cadre de l'enquête sur des transferts douteux. Le jour même de l'enterrement de son supporteur tué le 23 novembre dernier par un policier en marge du match contre le club israélien de Hapoël Tel-Aviv.

Mauvaise période pour le PSG. Le club de football du Paris Saint-Germain a en effet été mis en examen ce jeudi en tant que personne morale dans le second volet de l'enquête sur les transferts douteux du club (Ligue 1) centré sur les agents de joueurs. C'est ce qu'a indiqué son avocat Maître Patrick Maisonneuve.

Le club a été mis en examen pour "travail dissimulé et "faux et usage" par la juge Françoise Desset, en charge de ce dossier avec le juge Renaud van Ruymbeke.

Les juges van Ruymbeke et Desset soupçonnent l'existence d'un vaste système de fraude organisée au sein du PSG, entre 1998 et 2003, visant à répondre aux exigences financières des joueurs et entraîneurs en limitant les charges sociales et fiscales versées par le club.

Ils soupçonnent notamment certains agents d'avoir perçu des sur-commissions (supérieures aux 10% légaux) lors du transfert de leur joueur au PSG et de les leur avoir ensuite reversées comme compléments de salaires non déclarés.

Dans un livré paru cet été (Les secrets du PSG, éditions Privé, 2006) Rodolphe Albert, ex-contrôleur de gestion, directeur financier puis directeur attaché à la présidence du PSG avant d'être limogé, règle ses comptes avec le club et avec l'actionnaire du PSG de l'époque Canal Plus, filiale de Vivendi.

Il y détaille à l'aide de tableaux, calculs et explications comptables, les montages financiers et fiscaux scabreux qui règnent en maître sur la planète foot en matière de transferts de joueurs et de contrats de sponsoring. De quoi donner du grain à moudre aux juges.

Cette mésaventure judiciaire intervient le jour des obsèques du supporteur du club, tué le 23 novembre dernier par un policier, en marge du match entre le PSG et le club israélien de Hapoël Tel-Aviv. Depuis, dirigeants du club et responsables politiques et policiers ont relancé le débat sur la façon d'éradiquer la violence chez les supporteurs de football, en particulier ceux du PSG qui comptent en leur sein des "hooligans" considérés comme racistes ou fascisants.

Après ce décès et la polémique qui s'en est suivie, cette mise en examen tombe mal au moment où plusieurs fonds devaient rejoindre, dans le tour de table du PSG, ceux qui avaient repris le club à Canal Plus, à savoir Butler Capital Partners, Colony Capital et Morgan Stanley, à l'occasion d'une prochaine augmentation de capital.

L'UMP et les Verts veulent priver le PSG des subventions de la Ville de Paris
Deux groupes du Conseil de Paris, celui de l'UMP et celui des Verts (ce dernier appartenant à la majorité municipale de gauche), ont demandé jeudi la suspension de la subvention versée par la Ville au PSG, suite au drame survenu le 23 novembre aux abords du Parc des Princes. Le groupe UMP "à l'unanimité, demande la suspension de la subvention" versée par la Ville au PSG, "tant que la convention" liant le club à la Ville "ne sera pas respectée par le club", a déclaré devant la presse Françoise de Panafieu, présidente du groupe. De son côté, le groupe Vert présentera un "voeu" pour "geler" le versement de la subvention 2006 et le vote de la subvention 2007, estimant que "la subvention de la Ville ne peut avoir pour objet de financer le PSG pour que celui-ci répare les conséquences de sa propre politique". La ville a versé au club une subvention de 2,3 millions d'euros en 2006.

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