La mort du président à vie Niazov laisse le Turkménistan sans successeur désigné

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Saparmourat Niazov est mort après vingt ans de présidence autoritaire, sans avoir désigné de successeur officiel. Le pays est un acteur modeste des marchés pétrolier et gazier mondiaux.

Tous les drapeaux turkmènes sont en berne ce jeudi à Achkhabad, toutes les télévisions et radios ont interrompu leurs programmes depuis l'annonce de la mort à 66 ans de l'autocrate Saparmourat Niazov, autoproclamé "Turkmenbachi" ("leader de tous les Turkmènes"). Le président à vie, qui dirigeait d'une main de fer la république ex-soviétique du Turkménistan depuis 1985, quand celle-ci n'était pas encore indépendante, est mort d'un arrêt cardiaque, selon les autorités locales.

"La politique intérieure et extérieure (du pays) se poursuivra. Le Turkménistan respectera toutes ses obligations et ses accords internationaux", affirme très sérieusement un communiqué officiel. Le vice-Premier ministre Kourbangouli Berdimoukhamedov a été nommé dans la journée président intérimaire. En revanche, l'incertitude règne quant à sa succession, Niazov n'ayant désigné personne officiellement, sans doute en raison de son décès prématuré. Dans le passé, certaines personnalités avaient été désignées mais elles ont toutes été écartées depuis. Les dirigeants du régime se réuniront lundi pour choisir un successeur.

Indépendante depuis 1991, membre de la Communauté des Etats indépendants (CEI), la petite république de Turkménistan (5 millions d'habitants) vit sous la férule autoritaire de Niazov depuis vingt ans, pendant lesquels il a instauré un culte de la personnalité délirant et éliminé toute forme d'opposition. Il cumulait ainsi les postes de président, de chef de gouvernement et de dirigeant du parti unique. Grand amateur de constructions monumentales, il avait fait ériger au coeur de la capitale une tour supportant une statue géante, pivotant à 360 °, à sa gloire.

Il a poursuivi aussi une politique étrangère très isolationniste, malgré son appartenance à la CEI. Cette année, le Turkménistan fut même le premier des pays membres de cette communauté dans l'orbite de Moscou à instaurer des restrictions pour les visas des citoyens des onze autres Etats membres.

Riche de réserves de gaz naturel et de pétrole, le pays vend essentiellement sa production aux anciennes républiques soviétiques voisines. Il reste cependant un acteur modeste du marché. La production de pétrole avoisine 192.000 barils/jour, soit 0,2% de la production mondiale. Les réserves gazières représentent 2% des réserves mondiales et la production occupe une place identique dans l'ensemble de la production mondiale, soit environ un dixième de la production russe. Il y a quelques semaines cependant, de grands gisements ont été découverts, ce qui pourrait changer la donne.

Avec la France, les échanges sont faibles. Les exportations (70 millions d'euros en 2005) sont portées par quelques contrats ponctuels et constituées surtout de biens d'équipement. La présence française est limitée à quelques bureaux de représentation, les implantations les plus notables étant Bouygues ou Technip. De leur côté, les importations (13 millions d'euros) portent surtout sur des produits raffinés et quelques produits agroalimentaires.

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