Décès de Francis Mayer, patron de la Caisse des Dépôts

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Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Francis Mayer, est décédé samedi à Paris. Il avait consacré son action à la modernisation de l'établissement public, véritable bras financier de l'Etat.

Francis Mayer, qui dirigeait la CDC depuis quatre ans et fut auparavant président du Club de Paris et vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI), était âgé de 56 ans. Il était gravement malade mais la cause de son décès n'a pas été officiellement précisée.

Le secrétaire général de la CDC, Jean Sebeyran assurera la direction de l'établissement avec le comité de direction, jusqu'à la nomination d'un successeur par décret du président de la République.

Le ministre de l'Economie Thierry Breton a salué " le courage et le dévouement" de Francis Mayer, au service de "l'intérêt général". "C'était un homme d'une grande finesse et d'une grande intelligence", a pour sa part commenté le ministre des PME Renaud Dutreil, louant son "engagement en faveur des PME". La CDC est le pivot du programme de soutien aux PME innovantes France Investissement, et va y investir 2 milliards d'euros sur six ans.

Nommé à la tête de la Caisse par l'Elysée en décembre 2002, Francis Mayer a su parachever la politique amorcée par son prédécesseur Daniel Lebègue pour moderniser un établissement public créé en 1816, souvent décrit comme le "bras financier" de l'Etat.

La Caisse gère plusieurs dizaines de milliards d'euros (dont les fonds du Livret A), investit sous forme de participations dans les plus grands groupes français et assure plusieurs missions d'intérêt général, dont le financement du logement social. Elle est également actionnaire minoritaire de la totalité des entreprises du CAC 40.

Fin stratège au tempérament d'acier, Francis Mayer a su valoriser les métiers de la Caisse au sein de filiales, à l'instar d'Icade (immobilier). Il a simplifié la hiérarchie en plaçant chaque directeur de filiale ou de métier sous sa responsabilité directe.

A son arrivée, ce négociateur hors pair a sorti la CDC de l'impasse dans laquelle elle se trouvait avec la Caisse d'Epargne au sujet de l'avenir d'Ixis, filiale d'investissement et de gestion d'actifs commune, en cédant la part de la CDC contre 35% du capital de l'Ecureuil.

Mais Francis Mayer a du coup très mal pris la volte-face de Charles Milhaud, le patron de l'Ecureuil, qui a négocié à son insu le rapprochement des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires au sein de Natixis. Au terme de l'affrontement qui en a résulté, la CDC est sortie du nouvel ensemble, en cédant ses 35% dans l'Ecureuil au prix fort: 7 milliards d'euros.

Outre ces démêlés avec l'Ecureuil, Francis Mayer s'était notamment battu ces derniers mois pour que son institution conserve la gérance des encours du Livret A, principale source de financement du logement social en France, alors que la Commission européenne pourrait exiger l'ouverture de sa distribution à toutes les institutions bancaires.

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