La compétitivité française en baisse, selon Davos

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La France recule au 18ème rang du classement mondial de la compétitivité des pays établi par le Forum économique de Davos. La Suisse occupe désormais la première place, tandis que les grands pays émergents reculent pour la plupart.

La France enregistre un net recul en termes de compétitivité mondiale, à en croire le nouveau classement établi par le Forum économique mondial de Davos: selon celui-ci, notre pays tombe en un an du 12ème au 18ème rang.

Explications de cette contre-performance: la France est pénalisée par l'ampleur de ses déficits, mais aussi et surtout par l'absence de flexibilité de son marché du travail. Sur ce critère, le pays arrive au 99ème rang dans le classement mondial... Des résultats qui devraient conforter le gouvernement français dans sa lutte contre les déficits: Thierry Breton devrait annoncer demain un recul notable de l'ampleur du déficit public, qui serait ramené à 63,3% du PIB cette année (voir ci-contre).

Si la France sort donc quelque peu égratignée de ce classement, qui repose notamment sur les résultats d'une enquête d'opinion menée auprès de 11.000 chefs d'entreprise de la planète, le grand vainqueur n'est autre que le pays hôte du forum de Davos, la Suisse. La Confédération helvétique se propulse en effet à la première place du classement (après avoir été classé troisième l'an dernier). Ce petit pays détrône ainsi la première puissance économique mondiale, les Etats-Unis, qui étaient classés premier voici un an.

Selon les auteurs de l'étude, ce sont notamment les efforts déployés par la Suisse en matière de recherche qui expliquent cette performance. Outre une excellente infrastructure en matière de recherche scientifique, le pays se singularise par une étroite collaboration entre les universités et les entreprises. Et ces dernières "dépensent sans compter pour la recherche et développement, ce qui a fortement stimulé l'innovation technologique". La Suisse est également très bien placée du fait de son cadre institutionnel "caractérisé par le respect de l'Etat de droit, un système judiciaire performant et des institutions publiques transparentes et fiables".

Occupant la première place l'an dernier, les Etats-Unis tombent donc à la sixième. Eux aussi sont distingués par l'excellence de leurs innovations technologiques. Mais ils sont handicapés par l'ampleur de leurs déficits et de leur endettement. Globalement, le pays occupe un très mauvais 69ème rang au titre de son environnement macroéconomique. Et l'étude met en avant d'autres problèmes qui affectent les Etats-Unis, dont des performances insuffisants en matière de santé et d'éducation, où le pays arrive en 40ème position. Les auteurs de l'étude s'interrogent également sur la qualité des institutions publique américaines. Les Etats-Unis occupent ainsi un étonnant 24ème rang pour l'intégrité de leurs fonctionnaires... Et l'étude du Forum souligne que la gestion de la crise de l'ouragan Katrina "pourrait avoir écorné la confiance envers l'administration".

Dans le peloton de tête, on trouve sans grande surprise les pays nordiques, la Finlande et le Danemark occupant les 2ème et 3ème places.

Au sein de l'Union européenne, les autres grands pays font nettement mieux que la France. L'Allemagne et le Royaume-Uni se classent respectivement aux 8ème et 10ème places. L'Allemagne est saluée pour son système judiciaire et son innovation technologique, mais est pénalisée par "un droit du travail obsolète qui étouffe les entreprises". La Grande-Bretagne, en revanche, est saluée pour son marché de l'emploi dynamique et ses marchés financiers "les plus sophistiqués du monde".

En ce qui concerne les grandes puissances émergentes, le jugement du Forum de Davos est mitigé. La Chine, ainsi, perd six places pour se retrouver au 54ème rang, avec une forte chute de la confiance envers les institutions et le système bancaire. La Russie recule de neuf places au 62ème rang, le secteur privé ayant "de sérieux doute quant à l'indépendance du pouvoir judiciaire". Et le Brésil en cède neuf au 66ème, sous le poids de son déficit budgétaire. Finalement, l'Inde est le seul des très grands pays en développement à améliorer ses positions, gagnant deux places au 43ème rang.

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