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Emploi: le chantage paye-t-il davantage que le pragmatisme?

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Publié le 26 avril 2006 à 03:20 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:54

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Entre l'affaire Jean Lasalle qui a réussi à stopper le départ du japonais Toyo de sa région et l'attitude du gouvernement britannique concernant PSA, il y a un monde.

150 salariés, contre, peut-être, des dizaines de milliers d'autres à l'avenir. Le député Jean Lasalle, qui a interrompu il y a quelques jours sa grève de la faim, après 38 jours sans alimentation, a gagné. Au moins sur le court terme. L'usine d'aluminium de Toyo, à Accous, y restera. Les 150 salariés conserveront donc leur emploi. Mais quid du long terme?

Déjà la polémique fait rage. Certains politiciens encensent le député pour sa lutte. Tandis que d'autres s'inquiètent. Et pour cause, les Japonais laissent déjà entendre qu'ils réfléchiront à deux fois avant d'envisager d'investir dans l'Hexagone. Du coup, ce sont peut-être des dizaines de milliers d'emplois potentiels qui ont été tués dans l'oeuf à cause de ce bras de fer. Sans compter que la réputation de la France, déjà passablement écornée par les grèves, les discours sur le patriotisme économique ou les images de manifestations et d'émeutes, en a encore pris un coup. Alors, le jeu en valait-il la chandelle? Sans doute que non.

Autre réaction, quasiment au même moment, outre-Manche. PSA a annoncé, il y a quelques jours, qu'il fermerait son usine de Ryton, à côté de Coventry. A la clé, quelque 2.300 jobs. Certes, les syndicats britanniques montent au créneau, en publiant par exemple, comme l'a fait Amicus, le plus grand syndicat du secteur privé au Royaume-Uni, les dix raisons pour lesquelles il est plus facile de licencier des salariés britanniques que des salariés français: pas d'obligation claire, comme en France, de consulter au préalable en cas de licenciement envisagé pour 10 salariés ou plus, pas de véritable droit de grève, ou encore, un coût de licenciement très largement supérieur en France (le rapport est de l'équivalent de 100.000 livres sterling contre 5.000 livres sterling entre la France et le Royaume-Uni).

Quant aux élus locaux, ils se sont contentés de chercher d'autres sources d'emplois pour les salariés qui resteront sur le carreau. Et le gouvernement, en la personne du ministre de l'Industrie et des région, rencontrera cette semaine le patron de Peugeot. Mais si la situation n'a pas non plus laissé l'opinion publique indifférente outre-Manche, le gouvernement a tout simplement l'intention de s'assurer que les licenciements se feront de façon progressive et que l'entreprise française honorera bien ses promesses d'offrir des possibilités de formation professionnelle pour que les salariés licenciés espèrent trouver un autre emploi. On est loin, donc, des crispations françaises. Alors, quelle est la bonne réaction? L'une ou l'autre approche déclenchera-t-elle un cercle vertueux - ou bien un cercle vicieux?

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