Protection sociale : Chirac veut taxer la valeur ajoutée des entreprises

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Présentant ses voeux à la presse, le chef de l'Etat a affirmé qu'il fallait désormais aller vers des cotisations patronales prenant en compte l'ensemble de la valeur ajoutée des entreprises. Une piste qui séduit les syndicats mais dont le patronat ne veut pas entendre parler.

Le président de la République est revenu ce matin sur le projet de réforme du financement de la protection sociale, déjà évoqué lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre au soir, et lors de ses voeux au gouvernement, mardi matin. Jacques Chirac, qui s'exprimait cette fois devant la presse, a semblé privilégier clairement la piste de la taxation de la valeur ajoutée des entreprises.

Selon le chef de l'Etat, en effet, il faut "maintenant aller vers une assiette de cotisations patronales qui ne prenne pas seulement en compte les salaires mais l'ensemble de la valeur ajoutée". Jacques Chirac a rappelé que "dans les années 90, notre pays a franchi une étape capitale de la réforme de la protection sociale avec la création de la CSG". Mais il convient aujourd'hui d'aller plus loin, a-t-il poursuivi, en élargissant l'assiette des cotisations patronales pour y inclure l'ensemble de la valeur ajoutée de l'entreprise.

Une telle formule aurait l'avantage, selon ses défenseurs, de ne plus taxer spécifiquement l'emploi. A cet égard, c'est une piste de financement qui intéresse particulièrement les syndicats et qui figure d'ailleurs dans le programme du Parti socialiste.

Mais cette idée ne fait pas l'unanimité, loin de là. Le patronat ne cache pas son hostilité envers une telle réforme. Pour ses détracteurs, l'idée d'un financement de la protection sociale assis sur l'ensemble de la valeur ajoutée des entreprises reviendrait à taxer celles qui investissent et se modernisent et pourrait avoir de ce fait des effets pervers aussi néfastes que ceux reprochés pendant des dizaines d'années à la taxe professionnelle.

Sur un autre sujet, le chef de l'Etat a affirmé ce matin que la France sera "très vigilante sur les suites de l'accord OMC de Hong Kong". Selon lui, "la défense de la PAC n'est pas, comme certains esprits superficiels croient pouvoir le dire, un combat du passé et pour des intérêts catégoriels". Ce qui est en cause dans cette politique, a-t-il poursuivi, "c'est la sécurité alimentaire en quantité et en qualité, c'est l'emploi, c'est notre force économique".

Plus généralement, Jacques Chirac a exhorté les Français à "avoir confiance" en eux-mêmes. "La France est une grande nation, nous avons toutes les raisons d'en être fiers. Le monde change autour de nous, et nous avons tant de défis à relever. Il faut avoir confiance en nous-mêmes", a-t-il affirmé.

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