La France a mal à son mental

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Notre pays n'a pas réussi à concrétiser l'élan qui l'avait amené jusqu'en finale dimanche soir à Berlin. Comme beaucoup d'athlètes, les autres champions français - y compris économiques - ont parfois du mal dans la dernière ligne droite.

Que s'est-il donc passé dans la tête des Bleus à Berlin dimanche soir? Certains se perdent en conjectures. La France est en fait un animal bizarre. Prompte à se flageller au premier coup de grisou, comme elle l'a fait au début du Mondial. Mais prompte aussi à bomber le torse, comme elle l'a fait à la fin - avant les dix dernières minutes du match, en tout cas... Même si la France a bien des athlètes de haut niveau - on pense par exemple à Amélie Mauresmo, dans la victoire a été, malheureusement, totalement occultée à Wimbledon par la fièvre footbalistique - ce n'est pas la première fois que certains craquent dans la dernière ligne droite.

Que se passe-t-il donc? Les joueurs de l'équipe de France n'en étaient pas à leur premier championnat, quels que soient les enjeux de cette coupe du monde - une retraite dorée - pour certains. Il semble bien pourtant qu'il y ait une question de mental. Pas assez fort pour résister à la pression. Une question d'éducation, diront les psychologues. Les mères françaises sont trop protectrices, et n'aident pas les enfants à voler de leurs propres ailes. L'école française est trop conformiste, ou trop élitiste, diront d'autres, et elle n'enseigne pas, comme aux Etats-Unis, que "le ciel est la seule limite" à ce que l'on peut faire dans la vie. Sans doute ces explications sont-elles fondées.

Mais comment rompre avec cette malédiction? Comment briser ce pendule qui fait osciller la France - et l'Europe toute entière en fait - entre deux complexes, complexe de supériorité d'un côté et d'infériorité de l'autre? Difficile, en effet, dans ces conditions de trouver un point d'équilibre sur lequel s'appuyer. Que ce soit pour jouer un match de foot avec succès, négocier dans un cadre diplomatique ou mener une affaire commerciale à bien.

Car les entreprises ne sont pas étrangères à ce genre de situation ni de complexes. Sûres de la qualité de leurs produits, elles n'éprouvent pas toujours le besoin de les "vendre" aux étrangers, ou de faire le parcours de lobbying nécessaire pour obtenir le marché dans certains pays. Trop sûres d'elles, elles finissent par échouer - pour battre leur coulpe ensuite. La peur de la réussite, diront les psychologues.

Espérons que la France, du sport comme des affaires, et l'Europe toute entière, tireront la leçon de cette finale ratée.

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