Les anti-TGV Lyon-Turin profitent de la vitrine des Jeux Olympiques

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Bloquer les JO ? C'est la tentation des opposants au TGV...

Depuis l'automne dernier, c'est un des casse-tête des organisateurs des Jeux Olympiques d'hiver de Turin. La neige? Le financement des Jeux? Non, c'est la mobilisation de la vallée, le Val de Suse, située juste en dessous des principaux sites olympiques, contre le projet de Train à Grande Vitesse (TAV en italien) Lyon-Turin qui fait craindre depuis quelques mois une perturbation voire un blocage des JO.

Un fournisseur des Jeux comme le groupe néerlandais TNT a par exemple installé un de ses trois principaux entrepôts de logistique à Borgone di Susa, au coeur de la vallée protestataire. Or, à partir d'aujourd'hui vendredi 17 février, les ardents opposants au TGV Lyon-Turin, les "No TAV", ont décidé de tirer partie des JO pour réunir dans leur vallée, de Venaus à Turin, de nombreux sympathisants de leur mouvement pour un forum national de trois jours.

"Ces jours-ci, illuminé des projecteurs internationaux des Jeux d'hiver, le Val de Suse se propose comme lieu pour un large débat sur le parcours vers un autre monde possible", expliquent les anti-TGV pour ce rassemblement de ce que l'Italie, et même l'Europe (Basques et Irlandais sont attendus), comptent d'opposants à des grands projets d'infrastructures comme la centrale électrique reconvertie au charbon de Civitavecchia (région de Rome), la digue géante (projet "Moïse") devant protéger Venise des inondations ou encore le pont entre la Sicile et le continent à Messine.

Les "No TAV" ont déjà fait frémir l'organisation des JO lors du passage de la flamme olympique. Provoquant un scandale en Italie, les ultras du mouvement anti-TGV ont tenté d'éteindre la torche lors de son transport dans la Vallée début février ou même dans la région de Turin. Dans le Val de Suse, la caravane de la flamme est d'ailleurs passée sans les logos de plusieurs sponsors des JO: le maire de Bussoleno, Joannas, avait signalé être opposé à ce que Coca-Cola (principal sponsor de tous les Jeux Olympiques jusqu'en 2020!) arbore sa marque dans sa ville, pour protester contre l'attitude de la compagnie américaine envers ses employés en Colombie...

Ce type de résistance alter-mondialiste est toutefois resté isolé. La plupart des élus de la vallée ont rejeté ce boycott de Coca-Cola et plus généralement toute action perturbant les JO. "Nous voulons que les JO se tiennent", expliquait fin janvier à La Tribune Antonio Ferrentino, président de la Communauté de montagne de la Basse Vallée de Suse. Ce représentant des élus de la région, qui est l'un des chefs de file de l'opposition au TGV Lyon-Turin, entend au contraire profiter de la vitrine inespérée des JO pour faire connaître au monde entier le mouvement du Val de Suse. D'ailleurs dans le hall du siège de sa Communauté de montagne à Bussoleno, trône en bonne place un grand présentoir de brochures et documents vantant les JO de Turin...

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