Emploi : l'Europe hésite toujours à prendre des risques

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Alors que l'économie semble repartir en Europe, les entreprises et les autorités préfèrent le travail précaire ou temporaire. Des sociétés comme Adecco se frottent les mains en Allemagne.

CDD, flexibilité, précarité même, ces mots font de plus en plus partie du vocabulaire européen. Certes, les jeunes en particulier, qui mettent selon les pays entre 8 et 14 ans pour accéder au statut du travail fixe, CDI et avantages sociaux en prime, voudraient bien enrayer cette tendance, mais celle-ci a clairement le vent en poupe. Et au moment même où l'économie européenne semble - toute proportions gardées, tout de même - vouloir prendre le chemin de la reprise, les autorités, que ce soit en Allemagne, en France, en Espagne ou ailleurs, poussent avant tout les propositions allant dans le sens de la fameuse flexibilité ou du travail temporaire.

Aux Etats-Unis, d'ailleurs, l'indicateur de travail temporaire est surveillé de près en période de reprise: il est en effet considéré comme un signe avant-coureur d'amélioration sur le marché de l'emploi. Car les emplois temporaires se transforment souvent en emplois fixes quand la reprise s'affirme.

Reste à savoir si cela sera le cas en Europe. Car la question fondamentale reste toujours la même: c'est celle de la prise de risque. Certes, il est autrement plus facile de licencier aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, et les taxes associées à l'embauche, de même que les coûts liés aux licenciements, sont beaucoup moins lourds, mais il n'empêche. Plus que les Européens semble-t-il, les Américains affichent leur confiance dans l'avenir, et hésitent moins qu'eux à prendre des risques - comme celui d'embaucher...

Face à cette difficulté à prendre des risques, une tendance qui semble s'accentuer est celle du travail temporaire. C'est le cas en Allemagne par exemple, où des sociétés comme Adecco, qui avaient du mal à faire des affaires ces dernières années, se frottent les mains depuis quelques mois. Car si le travail temporaire représente entre 3 et 5% du marché du travail en France ou aux Pays-Bas, en Allemagne, il était jusqu'à présent proche de zéro. Les temps changent, donc, même dans un pays à forte tradition syndicale...

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