Bons chiffres du chômage : l'UMP applaudit, l'opposition reste sceptique

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Alors que les Français restent pessimistes sur l'avenir du marché du travail, l'opposition et l'UDF expriment une certaine méfiance sur l'amélioration du taux de chômage enregistré au mois de septembre. Sont évoqués le développement des contrats aidés, le manque d'embauche dans le secteur marchand, les départs à la retraite et le creusement des disparités.

Applaudis par l'UMP, les excellents chiffres du chômage de septembre ont été minimisés par l'opposition et l'UDF. Le taux de chômage a reculé à 8,8%, un plus bas depuis août 2001 (lire ci-dessous), ce qui "laisse entrevoir une société de plein emploi", ont déclaré les porte-paroles de l'UMP, Valérie Pécresse et Luc Chatel. Selon eux, "la nouvelle baisse des chiffres du chômage (...) vient conforter la politique menée par le gouvernement depuis 2002". "La relance de la croissance, la confiance envers les PME, le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo, activés de manière conjuguée, ont permis d'enrayer dans un premier temps la progression du chômage puis d'obtenir depuis plus d'un an une forte baisse", ont-ils ajouté.

Son de cloche évidemment radicalement différent dans l'opposition, et notamment au parti socialiste (PS) chez les candidats à la candidature. "Même si statistiquement le chômage diminue, on sait aussi que la précarité augmente, que le chômage des jeunes reste très élevé, le chômage des salariés de plus de 50 ans également, et que dans certains endroits du territoire le chômage est le double qu'ailleurs, je pense en particulier dans les banlieues", a ainsi souligné Ségolène Royal sur France 2.

"Le fond c'est qu'il y a un développement des contrats aidés, ce qui est une bonne chose mais évidemment un petit peu artificiel", a de son côté noté sur LCI Laurent Fabius, autre candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle. "Si on veut durablement avoir un emploi qui s'améliore, il faut une croissance plus forte, à la fois par une relance du pouvoir d'achat et des entreprises plus dynamiques, et puis un accompagnement social, et puis, ce qui n'est pas au rendez-vous, la dimension recherche, éducation, investissement", propose Laurent Fabius. "C'est tout ça qui crée une situation de l'emploi meilleure à long terme".

Même à l'UDF, la prudence est de mise. "Je suis content de voir que les chiffres baissent, je serais content si mes compatriotes se disaient que le chômage baissait", a déclaré Hervé Morin, président du groupe à l'Assemblée nationale, sur Canal+. "Si vous rencontrez des Français dans la rue qui disent "le chômage baisse", vous me les amenez", a-t-il lancé. Commentant le détail des chiffres, le député de l'Eure a affirmé qu'il y a "très peu de créations d'emplois réelles dans le secteur marchand", qu'"on a ouvert massivement les contrats aidés du secteur non marchand" et qu'"il y a eu les départs à la retraite".

D'ailleurs, les doutes des Français sur l'amélioration réelle de la situation de l'emploi en France se reflète ce matin dans l'indicateur de l'Insee mesurant le moral des ménages (lire ci-dessous). Pour la première fois depuis avril dernier, les Français sont pessimistes sur les perspectives du marché de l'emploi.

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