L'inflation française au plus bas depuis cinq ans

L'inflation en France s'élève à 1,2% seulement en septembre en rythme annualisé, un plus bas depuis cinq ans, dans le sillage du recul des prix du pétrole. Avec une inflation européenne qui pourrait être ramenée à 1,7% sur le mois, la Banque centrale européenne aura plus de mal à justifier la hausse des taux déjà annoncée pour décembre.

Ce ne serait pas une surprise si la zone euro en venait à réviser à la baisse à 1,7% son estimation d'inflation pour le mois de septembre, contre une première estimation de 1,8% actuellement. Après une progression des prix en données harmonisées de 1% publié en Allemagne hier, l'Insee vient de publier une inflation annuelle de 1,5% sur le mois en France, soit son plus bas niveau depuis cinq ans. "Il sera très difficile à Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE) de justifier une "très forte vigilence" face à l'inflation le mois prochain", indique Sylvain Broyer, chez Ixis. Du coup, la hausse des taux quasiment annoncée pour décembre sera également moins légitime.

En données nationales, les prix de détail ont reculé de 0,2% sur le mois, leur hausse sur un an revenant à 1,2%. Ce recul des prix à la consommation en France au mois de septembre résulte principalement du repli des prix des produits pétroliers, en baisse de 4,3% en septembre. De fait, il est intéressant de noter que l'inflation hors énergie, à 1,3%, est en ligne avec les chiffres de ces derniers mois. "Ce bas niveau n'est en rien une surprise puisqu'il correspond, ni plus ni moins, qu'à la moyenne de l'inflation sous-jacente enregistrée depuis deux ans et demi", indique Alexandre Bourgeois, chez Natexis.

Ce maintien des prix à un bas niveau s'explique par la concurrence entre entreprises qui fait rage dans l'Hexagone, ne leur permettant pas de répercuter l'évolution de leurs coûts sur leurs prix de vente autant qu'elles le souhaiteraient. "Par ailleurs, le recours de plus en plus marqué aux importations en provenance des pays à bas coûts salariaux (la part des importations françaises en provenance des pays de l'OCDE ne représente plus "que" 78 %, contre 86 % il y a dix ans) permet de baisser les prix pour les consommateurs", explique Alexandre Bourgeois. Preuve que, globalement, la mondialisation a un effet plutôt déflationniste sur les économies européennes.

Les économistes interrogés par l'agence Reuters tablaient sur une stabilité de l'indice IPCH (Indice des prix à la consommation harmonisé) en septembre, correspondant à une inflation sur un an de 1,7%. "L'inflation pourrait progressivement repasser sous la barre des 1%, comme à la fin des années 90. Ce qui ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle puisque, rappelons-le, à chaque fois que l'inflation perd du terrain, ce sont autant de gains de pouvoir d'achat que récupèrent les ménages et qui sont susceptibles d'alimenter la consommation", note Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès.

L'Insee précise que l'indice de référence des loyers, qui sert de référence à la révision annuelle des loyers en France, a progressé de 2,78% au deuxième trimestre 2006. Enfin, l'indice des prix des produits de grande consommation dans la grande distribution a reculé de 0,2% en septembre en France après avoir progressé de 0,2% le mois précédent. Son évolution sur un an est une progression 0,8% en septembre 2006 alors qu'elle était en recul 0,3% en septembre 2005.

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