Le déficit public ramené à 2,9% du PIB en 2005

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L'objectif de l'abaissement du déficit public en deçà de 3% a été tenu. Une amélioration toutefois attribuable à l'augmentation des recettes, tandis que les dépenses poursuivent leur progression. Par ailleurs, la dette publique s'est alourdie à 66,8% du PIB.

Le déficit public de la France pour 2005 a été ramené à 2,9% du PIB, comme prévu dans la limite des 3% prévue par le Pacte de stabilité européen, malgré une conjoncture économique moins dynamique qu'initialement prévu. "Il s'agit d'une surprise car avec le ralentissement de la croissance en 2005, passer de 3,7% du PIB à 2,9% du PIB constitue une performance non négligeable", estime Nicolas Claquin, économiste chez HSBC. De plus, l'ampleur du déficit public apparaît moins prononcée que les 3% prévus par le programme de stabilité lors de la conférence nationale des finances publiques le 11 janvier.

Reste que cette amélioration est due essentiellement à une augmentation des recettes, alors que les dépenses restent élevées. "Les prélèvements obligatoires ont de nouveau progressé en 2005, à 44,1% du PIB, pour retrouver leur niveau de 2000 ; cette hausse, sans expliquer totalement le ralentissement de la croissance, est un phénomène qui a pu y
participer", relève Nicolas Claquin. De plus, l'intégration financière du régime spécial de retraite des industries électriques et gazières (IEG) auprès du régime général explique un apport exceptionnel de 0,4 à 0,5 point de PIB affecté au déficit des administrations de sécurité sociale. Quant aux dépenses, elles sont passées de 43,1% du PIB en 2004 à 44,1% en 2005.

Du côté de la dette publique, les chiffres ne sont guère reluisants. Selon les données communiquées par l'Insee ce matin, la dette publique s'est alourdie à 66,8% du PIB (contre 64,4% en 2004), à 1.138 milliards d'euros. Qualifiée de "préoccupante" aujourd'hui par le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, la dette s'est accrue de 6,5% en 2005 après une augmentation de 7,5% en 2004. "A 66,8% du PIB, la dette publique s'avère bien plus élevée que les 65,8% prévus par le programme de stabilité", souligne Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas.

Lors de la conférence nationale des finances publiques mi-janvier, le gouvernement a programmé un retour à l'équilibre des comptes publics et de l'endettement sous les 60% du PIB d'ici 2010, limite tolérée par le pacte de stabilité. Dans le cadre de la maîtrise des dépenses publics, le ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton a indiqué ce matin lors d'une conférence de presse à Bercy que les réductions d'effectifs au ministère des Finances "vont continuer à s'amplifier", en rappelant qu'"un départ en retraite sur deux" ne serait pas remplacé à Bercy. En 2006, 2.608 suppressions d'emplois sont programmées à Bercy, soit la moitié de la baisse d'effectifs globale dans la Fonction publique.


La croissance française réévaluée à 0,4% au dernier trimestre 2005
Le PIB français a progressé de 0,4% au quatrième trimestre 2005 par rapport au troisième, contre 0,2% initialement estimé, mais la croissance pour l'ensemble de l'année reste estimée à 1,4%, selon les résultats détaillés publiés ce matin par l'Insee. Malgré une consommation des ménages dynamique, la fin de l'année a surtout souffert d'un fort déficit de la balance commerciale française, ainsi que d'un ralentissement de l'investissement des entreprises.

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