Grève moins suivie que prévue contre la privatisation de Gaz de France

Alors que les députés votent cet après-midi le projet de loi sur l'énergie, plusieurs milliers de personnes défilent dans les rues pour protester contre la privatisation de GDF. La grève a mobilisé moins de salariés que prévu à EDF et GDF.

Synomyme de démantèlement du groupe préablable à sa fusion avec Suez, la privatisation de GDF mobilise aujourd'hui les six syndicats de l'énergie (CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa et Sud). Mais la grève organisée à EDF et GDF contre la privatisation de l'opérateur gazier semble à la mi-journée légèrement moins suivie que la précédente journée d'action, alors que plusieurs milliers de personnes défilaient à Paris. Seule la CFDT est favorable au rapprochement de GDF et Suez. Cet après-midi est voté à l'Assemblée nationale le projet de loi sur l'energie, qui prévoit l'ouverture des marchés de l'énergie à la concurrence et la privatisation de GDF, nécessaire à son mariage avec Suez.

Les directions de GDF et EDF annonçaient vers midi des taux de grévistes respectifs de 17,4% et 14,4%, contre 20,5% et 16,5% à la même heure le 12 septembre. Ces pourcentages, qui augmentent généralement de quelques points en cours de journée, sont calculés sur l'ensemble des effectifs des deux entreprises, présents et absents confondus. Côté syndical, la CFDT estimait à 20% la proportion de grévistes dans les deux entreprises, tandis que FO parlait de 40% à 60% de grévistes selon les régions.

A Paris, 15.000 manifestants, selon la CGT, sont partis vers midi de la place Denfert-Rochereau (XIVe arrondissement) en direction de l'Assemblée nationale, où les députés devaient se prononcer dans l'après-midi sur la loi de privatisation de GDF. Des gaziers CGT, T-Shirt bleus et casques sur la tête, ouvraient ce cortège réuni à l'appel des fédérations de l'Energie et où des manifestants venant de Normandie, de Lille ou Marseille avaient pris place.

"Non à la privatisation de l'électricité et du gaz, l'énergie au service de la nation. Des droits pour les salariés, des droits pour les usagers", proclamait la banderole de tête. Des manifestants portant des bougies avertissaient: "Demain, vous vous chaufferez tous à la bougie !". Battant lui aussi le pavé sous un maussade temps d'automne, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault a martelé: "Nous ne renoncerons pas, quelque soit la décision prise aujourd'hui par les députés", fustigeant les "raisons politiciennes" de la privatisation. La CGT a d'ores et déjà appelé à une nouvelle journée de manifestations le samedi 14 octobre.

"Chirac, Villepin et Sarkozy, ils ont tous promis, ils ont tous mentis, dehors les bradeurs, dehors les voleurs", ont scandé les manifestants. Les hauts-parleurs des syndicats diffusaient en boucle des paroles prononcées par Nicolas Sarkozy le 6 avril 2004, alors qu'il était ministre de l'Economie: "Il n'y a aura pas de privatisation d'EDF/Gaz de France, c'est clair, c'est simple et net".

La CFDT, favorable au rapprochement entre GDF et Suez mais opposée à la privatisation de GDF, avait appelé à un débrayage de quatre heures mais pas à la manifestation. Des militants CFDT, venus notamment de Haute-Normandie, étaient pourtant présents dans le cortège. Côté politique, les sénatrices communistes Michelle Demessine et Nicole Borvo et la porte-parole de Lutte Ouvrière Arlette Laguillier étaient présentes.

En Province, une centaine d'agents ont recouvert de noir le logo EDF-GDF sur la façade de l'entreprise à Lille. Quelque 300 manifestants ont déployé à Marseille une banderole hostile à la privatisation de GDF au balcon de la Chambre de commerce.

Des baisses de charge de 800 à 1.000 MW ont été organisées sur le réseau GDF, alors que l'éclairage public a été coupé lundi soir à Toulouse. Quelque 200.000 clients du Sud-Ouest de la France ont par ailleurs eu l'électricité coupée dans la matinée à la suite d'intempéries. Un millier de grévistes du sud-ouest ont décidé d'annuler leur particpation au mouvement pour réparer les dégâts. "Ils sont repartis au travail pour remettre le jus en Aquitaine après la tempête", a expliqué Maurice Marion (CGT).

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