Villepin souhaite un "bouclier monétaire" européen pour protéger les exportations

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Le Premier ministre, qui se pose en défenseur du modèle français d'équilibre économique et social, souhaite que l'Union européenne se dote d'un "bouclier monétaire" pour protéger les exportations.

"Les Français n'ont pas besoin d'une thérapie de choc pour réussir dans la mondialisation", a déclaré Dominique de Villepin aujourd'hui lors d'une visite à Toulouse sur le site d'Airbus, pour trancher avec le discours de Nicolas Sarkozy. Se posant comme défenseur du "modèle" français "d'équilibre entre l'économique et le social", "c'est ce que j'ai appelé la croissance sociale", a-t-il déclaré à deux jours du Conseil national de l'UMP qui doit valider le programme du parti pour les législatives de 2007.

Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et numéro deux du gouvernement, promeut, lui, la "rupture". "Les Français ont besoin de savoir qu'on les défend et qu'on défend leurs intérêts comme toutes les grandes puissances le font aujourd'hui", a poursuivi Dominique de Villepin. "Nous pouvons concilier ouverture au monde et ambition sociale", a-t-il insisté.

Le Premier ministre a également proposé que l'Union européenne se dote d'un "bouclier monétaire" et d'une "véritable stratégie de change" intégrant des objectifs de croissance, de protection de l'industrie et d'emploi. "L'euro a permis de créer un environnement stable entre tous les partenaires européens mais son niveau actuel pénalise certaines de nos exportations", a déclaré le Premier ministre lors de cette visite à Airbus et ses sous-traitants.

Selon lui, les difficultés de l'avionneur sont aussi "la conséquence d'un euro trop fort" par rapport au dollar, "qui pénalise notre industrie face à la concurrence américaine". "Toutes les grandes puissances commerciales ont une politique de change, parfois même une politique agressive. Ne laissons pas l'euro être la variable d'ajustement des équilibres monétaires mondiaux", a-t-il insisté. L'UE doit, a martelé Dominique de Villepin, se doter d'une "véritable stratégie de change qui intègre les objectifs de croissance, de protection de notre industrie et bien sûr d'emploi".

Dominique de Villepin a déclaré que la France devait avoir pour "objectif" une "croissance annuelle qui tend vers 3%" et un taux de chômage "ramené à 5%" à l'horizon 2012. "Pour cela, il n'y a qu'une seule solution: donner aux entreprises les moyens de se développer et récompenser le risque dans notre pays", a-t-il déclaré. Il faut "une fiscalité adaptée", "un environnement favorable, "des hommes et des femmes mieux formés", a-t-il plaidé. "Voilà la direction que doit prendre notre pays pour les cinq prochaines années", a-t-il martelé. Le taux de chômage vient de repasser sous la barre des 9% de la population active et le gouvernement a misé sur une croissance de 2 à 2,5% en 2006.

Le Premier ministre a annoncé qu'il organiserait "au début de l'année 2007" une "conférence sur la croissance" pour "analyser nos réussites et nos échecs en 2006". "Pourquoi ne pas nous appuyer sur un diagnostic partagé avec tous les Français, les partenaires sociaux, les chefs d'entreprises, les collectivités locales et les experts pour faire le point, chaque année, de nos forces et de nos faiblesses, de ce qui a marché et de ce qui ne marche pas?", a déclaré le Premier ministre.

"C'est le meilleur moyen de montrer aux Français que la croissance est l'affaire de tous et qu'elle est le fruit de leurs efforts. Je propose donc après la Conférence nationale sur les revenus et l'emploi qui aura lieu le 14 décembre et après la deuxième Conférence sur le désendettement qui aura lieu en janvier 2007 une véritable conférence annuelle sur la croissance", a-t-il dit.

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