CPE : participation supérieure au 28 mars dans les cortèges

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La participation aux manifestations a dépassé celle du 28 mars. Selon la CGT, les cortèges ont rassemblé plus de trois millions de personnes, tandis que le ministère de l'Intérieur dénombre plus d'un million de manifestants. Des discussions entre les syndicats et l'UMP, chargée de préparer une nouvelle proposition de loi, sont prévues demain.

1.028.000 personnes, selon la police et plus de trois millions de manifestants selon les syndicats... Les estimations publiées en fin d'après midi concordent au moins sur un point: le taux de participation aux cortèges anti-CPE a dépassé celui de mardi dernier. Les syndicats peuvent donc se féliciter d'avoir battu leur objectif d'égaler le record du 28 mars, qui avait vu entre un et trois millions de personnes descendre dans la rue.

Ragaillardis par ce pari gagné, les 12 syndicats qui réclament l'abrogation du CPE ont répondu positivement à l'invitation des parlementaires UMP pour demain. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a convié par courrier les partenaires sociaux à venir participer à des rencontres en bilatéral "sans préjuger du contenu de la proposition de loi" sur le CPE. Les syndicats ont néanmoins réaffirmé leur exigence commune, non négociable, de voir le Contrat Première Embauche abrogé.

Le rejet pur et simple du CPE: c'est bien le même mot d'ordre qui est revenu aujourd'hui pour la cinquième mobilisation nationale contre ce dispositif. Bien que le conflit s'éternise, 62% des Français, à en croire un sondage BVA-BFM-Les Echos-Akerys, jugeaient "tout à fait" ou plutôt" justifiée cette nouvelle journée d'action.

La grève a cependant été moins suivie que mardi dernier dans le secteur public. A la SNCF, on a dénombré par exemple 18,3% de grévistes contre 27,7% le 28 mars. Les perturbations ont été conformes aux prévisions (72% de TGV, 61% de transiliens, autour de un TER sur 2). A la RATP et dans les transports urbains de province, la grève a concerné une minorité de réseaux avec un impact relativement faible. Dans l'Education nationale, où 60 universités demeuraient touchées, le taux de grévistes (entre 16 et 28%) a fléchi de quelque 10% par rapport au 28.

Sans surprise, syndicats et étudiants ont donc décidé de ne pas désarmer malgré la proposition du chef de l'Etat de revoir et corriger sa copie sur le CPE. Vendredi soir, le chef de l'Etat a promulgué la loi incluant le CPE tout en demandant l'élaboration immédiate d'une nouvelle loi. "La période de deux ans sera réduite à un an. En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi", a-t-il déclaré. "Enfin, je demande au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu'en pratique, aucun contrat ne puisse être signé sans intégrer pleinement l'ensemble de ces modifications", a-t-il précisé. Une proposition jugée inacceptable par l'opposition et les syndicats, qui maintiennent donc leur demande d'abrogation de l'article sur le CPE.

Très affaibli, le Premier ministre a été dessaisi du dossier dont s'occupera désormais l'UMP. C'est Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, avec son homologue au Sénat, Josselin de Rohan, qui ont été chargés de préparer une proposition de loi et de contacter les syndicats pour renouer le dialogue. Jusqu'à nouvel ordre, c'est donc sur eux que s'exercera la pression.

D'aucuns dénotent en outre une légère inflexion dans le discours des décideurs. "Tout est possible au cours de la négociation avec les partenaires sociaux", Bernard Accoyer souhaitant "dialoguer sans préjugé", a-t-on ainsi indiqué dans l'entourage du président de l'UMP. De même, le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a invité les syndicats à un dialogue "sans tabou". De quoi pouvoir éventuellement envisager des concessions encore plus amples que celles accordées vendredi soir par Jacques Chirac.

La proposition de loi UMP sur le CPE pourrait être discutée lors de la première semaine de mai à l'Assemblée nationale, dont l'ordre du jour a été laissé disponible. En tout état de cause, aucune pression ne devrait réellement émaner des chefs d'entreprise en faveur du CPE. Selon une étude du groupe Cegos à paraître jeudi, partiellement révélée par La Lettre de l'Expansion, plus des deux tiers (69%) des directeurs de ressources humaines de moyennes et grandes entreprises ne pensent pas utiliser le CPE.

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