Le consommateur français tient bon

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Baisse des prix, faible coût des crédits à la consommation et recul du chômage ont soutenu la consommation des ménages, en hausse de 0,6% en mai. A l'approche de la coupe du monde de football, les achats en biens d'équipement du logement ont bondi de 6,3%.

Moteur de l'économie française comptant pour 15% du PIB, la consommation ne faiblit pas. Attendue en recul de 0,1%, la consommation des ménages français en produits manufacturés a progressé de 0,6% en mai. Une deuxième bonne nouvelle après une hausse de 0,9% en avril, révisée aujourd'hui par l'Insee en hausse de 0,2 point par rapport aux 0,7% initialement estimé.

"Mais le mois précédent à été révisé en baisse à -1% contre -0,4% estimés auparavant", souligne Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas. En rythme annualisé, la consommation n'en affiche pas moins sa progression la plus forte depuis juin 2000, en hausse de 5,6%. "Une excellente croissance, toujours dopée par la demande domestique, se profile pour le deuxième trimestre", conclut Dominique Barbet.

"Pourtant l'inflation augmente dans le sillage de la hausse des prix du pétrole, les taux d'intérêt sont orientés à la hausse depuis plusieurs mois, la confiance des ménages est au plus bas et les gains de pouvoir d'achat restent limités", indique Nicolas Claquin, chez HSBC, qui justifie cette résistance de la consommation par de nouvelles ponctions sur l'épargne et le recul du chômage.

Explication majeure de cette performance au deuxième trimestre, les dépenses en biens d'équipement du logement ont rebondi de 6,3% après un recul de 2,4% en avril, probablement dans l'optique de la coupe du monde de football. En revanche, les achats des ménages en automobiles diminuent de 0,7% (après +1,5% en avril), ainsi que les dépenses en textile-cuir, qui baissent de 3,6% en mai (après +4,5% en avril). "Normal: avril avait été exceptionnel, et les ménages attendent désormais les soldes d'été", explique Nicolas Bouzou, économiste chez Xerfi.

Pour lui, quatre facteurs expliquent l'opiniâtreté des ménages français en matière de consommation. Tout d'abord, la baisse des prix des produits manufacturés liée à la mondialisation, aux gains de productivité mondiaux, et au niveau élevé de l'euro qui abaisse mécaniquement le prix des produits importés. Ensuite l'équipement des ménages en électronique grand public (et en particulier les écrans plats achetés pour la coupe du monde) lié à l'apparition permanente de nouveaux produits.

Enfin, le très faible niveau du coût des prêts à la consommation et le recul du chômage apportent leur pierre à l'édifice. Reste que les achats portent en priorité sur les produits les moins chers et les importations. La consommation a de plus en plus de mal à se transmettre au reste de l'économie. Sans compter que les ménages ne pourront pas continuer de puiser dans leur épargne à l'infini.

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