Villepin affirme ne pas avoir reçu d'instruction de Chirac dans l'affaire Clearstream

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Lors de sa conférence de presse mensuelle à Matignon, le Premier ministre a une nouvelle fois déclaré ne pas avoir associé le nom de Nicolas Sarkozy à une quelconque "affaire" lors de la réunion du 9 janvier 2004 dans l'affaire Clearstream.

Le Premier ministre avait gardé le meilleur pour la fin lors de sa conférence de presse mensuelle à Matignon. "Je sais que certains d'entre vous ont à l'esprit un dossier particulier: je répondrai naturellement à vos questions tout à l'heure", a-t-il déclaré d'entrée de jeu aux journalistes. Plus tard, en réponse à ces derniers, Dominique de Villepin a affirmé que le nom de Nicolas Sarkozy "n'a pas été évoqué en liaison avec de quelconques affaires", lors de la réunion du 9 janvier 2004. En revanche, "il a été évoqué en tant que ministre de l'Intérieur", a-t-il précisé.

A l'origine de cette affaire qui remonte à 2004, un "corbeau" a faussement accusé plusieurs personnalités, dont le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, de détenir des comptes occultes à l'étranger via une société financière basée au Luxembourg, Clearstream.

Par ailleurs, le Premier ministre Dominique de Villepin a expliqué que Jean-Louis Gergorin participait à la réunion du 9 janvier 2004 parce qu'il lui avait fait savoir qu'il avait "un certain nombre d'informations" à lui communiquer sur l'affaire des frégates de Taiwan. Vice-président exécutif du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS et proche de Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin est soupçonné - ce qu'il a toujours nié - d'être un des corbeaux qui ont alimenté au printemps 2004 les juges chargés de l'enquête sur les ventes de frégates à Taiwan en livrant des listes et des numéros de comptes occultes.

Surtout, il a indiqué n'avoir "pas eu à évoquer" l'affaire Clearstream avec Jacques Chirac à l'époque où il était ministre des Affaires étrangères, affirmant que le président ne lui avait donné "à aucun moment" des "instructions". Pour conclure, Domnique de Villepin a dénoncé un "risque d'instrumentalisation" dans l'affaire Clearstream, tout en soulignant qu'il n'est pas de ceux qui "lisent l'histoire" en y voyant "des complots". Indiquant qu'à "aucun moment" il ne se "détournerait" de sa mission, le Premier ministre a ainsi exclu de démissionner.

Dans le discours qui précédait la traditionnelle séance de questions-réponses, Dominique de Villepin, marqué par l'échec du CPE, a insisté sur l'amélioration du dialogue social. Les récents rapports Chertier (sur l'obligation de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux) et Hadas-Lebel (sur la représentativité des syndicats), "sont des rapports fondateurs pour moderniser et approfondir le dialogue social en France", a-t-il déclaré.

Insistant sur l'emploi qui reste "sa première préoccupation", Dominique de Villepin s'est félicité que "le rythme de la croissance depuis le début de l'année 2006 dépasse 2%". "Cette accélération n'est pas le fruit du hasard mais bien du volontarisme du gouvernement", a-t-il affirmé.

"Nous avons relancé l'investissement public, démultiplié l'effort de recherche et d'innovation, baissé la taxe professionnelle et l'impôt sur le revenu", a-t-il démontré. Du coup, le Premier ministre attend "une progression de 5% des investissements industriels pour 2006, soit la plus forte hausse depuis 2000". "Il y a eu 420.000 mises en chantier de logements en un an, c'est le niveau le plus élevé depuis 25 ans. 230.000 entreprises nouvelles ont été créées depuis un an", a poursuivi le chef du gouvernement.

Sur le sujet du pétrole, au vu de la flambée des cours de ces dernières semaines, le Premier ministre a affirmé jeudi qu'"en 2006 comme en 2005, il n'y aura pas de cagnotte pétrolière", réaffirmant que "dès que le prix du baril dépassera 60 dollars, ce qui est le cas aujourd'hui, tout ce que l'Etat gagnera en plus sera redistribué".

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