Le chikungunya, on en parle plus qu'il ne pique

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A la Réunion, chacun y va de son conseil pour se protéger face au "chik". Mais son développement a aussi permis d'améliorer l'aspect de l'Ile, soumise à l'obligation d'une hygiène irréprochable.

L'été austral arrive à petits pas sur l'île de la Réunion. C'est à cette époque l'année dernière que les premiers cas de chikungunya ont été enregistrés. Alors il est vrai qu'en ce moment, le "chik", comme l'ont baptisé les Réunionnais, fait à nouveau l'objet de toutes les conversations. Pas très rassurant pour la "métro" que je suis, venue passer quelques jours de vacances sur cette île de l'Océan Indien.

A la radio, sur la plage, au restaurant ou lors de n'importe quelle conversation, chacun y va de son petit conseil et de son analyse. "Pensez bien à mettre de l'anti-moustique sur vos vêtements", m'indiquait un chauffeur de taxi la semaine dernière alors que je venais à peine d'arriver sur l'île. "Il a surtout touché les personnes âgées", tentait de me rassurer une "zoreille", nom donné aux personnes qui ont quitté la métropole pour l'île. "Le moustique n'y est pour rien", m'indiquait un "arabe", nom donné aux Indiens de l'île.

Devant tant d'indications et de conseils divers, j'ai décidé d'appliquer les précautions d'usage. Je me suis vaporisée tous les matins d'anti-moustique et j'ai évité de trainer dans les zones humides. Après sept jours de détente paradisiaque et de paysages à couper le souffle, je n'ai pas été piquée une seule fois. De façon générale, les personnes infectées sont en nette diminution par rapport à l'année dernière. Des jeunes vont même jusqu'à porter le fameux T-shirt de la marque branchée "974" (le numéro du département de l'île): "Le chik ne passera par moi".

Si le chikungunya a touché plus de 260 000 personnes depuis le début de l'épidémie en 2005 et a fait 250 morts, il a au moins eu un avantage, celui, selon de nombreux habitants, de rendre l'île plus belle. "Avant l'épidémie, il n'était pas rare de trouver des carcasses de voitures sur le bord des routes ou des tas d'ordures qui bronzaient au soleil, se souvient un habitant de la capitale Saint-Denis de la Réunion. Pendant l'épidémie, nous étions tous obligés d'avoir une hygiène irréprochable, de ne rien laisser traîner pour éviter que des foyers d'infection se déclarent. Aujourd'hui, à cause voire grâce au chik, l'île est vraiment plus belle".

Dommage que les touristes, qui craignent d'être touchés par cette épidémie, n'en profitent pas et désertent la Réunion notamment pour sa voisine Maurice, qui, pourtant, a elle aussi enregistré des cas l'année dernière.

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