Les parlementaires UMP à la recherche de la solution miracle pour le CPE

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Après avoir rencontré l'ensemble des partenaires sociaux - syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens, et organisations patronales - les parlementaires de l'UMP doivent désormais formuler des propositions pour sortir du blocage. Le tout sous la menace de nouvelles actions intersyndicales la semaine prochaine.

Alors que les rencontres organisées entre les partenaires sociaux et les parlementaires UMP se sont achevées vendredi matin, le balle est désormais dans le camp de ces derniers, chargés de définir des propositions susceptibles de permettre une sortie de la crise du Contrat Première Embauche. Des propositions qui seront vraisemblablement rendues publiques lundi.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Accoyer, a simplement annoncé vendredi soir qu'une "synthèse sera dégagée pour élaborer dans la concertation" une proposition de loi afin de sortir de la crise du CPE, "sur la base" des entretiens entre parlementaires UMP et syndicats. Bernard Accoyer s'est exprimé aux côtés de son homologue du Sénat Josselin de Rohan ainsi que du rapporteur du texte égalité des chances à l'Assemblée, Laurent Hénart, qui ont participé aux discussions entamées mercredi. Les trois hommes ont ensuite quitté la salle, sans donner la moindre indication sur le contenu de cette proposition de loi, dont le principe avait été arrêté samedi dernier.

En 48 heures, de mercredi après-midi à vendredi matin, les représentants de l'UMP, menés par Bernard Accoyer, président du groupe à l'Assemblée nationale, et Josselin de Rohan, président du groupe au Sénat, auront rencontré l'ensemble des partenaires sociaux concernés par le CPE : les syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens, et les organisations patronales. De l'ensemble de ces rencontres, il n'a pas filtré grand chose. Pour l'essentiel, les partenaires sociaux ont réitéré leurs positions au sujet du Contrat Première Embauche. Les parlementaires UMP, pour leur part, n'ont rien dit. Il leur incombe désormais d'élaborer des propositions sur lesquelles ils n'ont rien laissé filtrer.

Selon la dernière responsable syndicale à les avoir rencontrés vendredi matin, Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, les parlementaires ont affirmé qu'ils allaient "beaucoup travailler ce week-end". Le fait est qu'ils ont du pain sur la planche, tant la formule magique permettant de débloquer la situation semble difficile à trouver.

Tous les représentants des salariés et des syndicats ont en effet répété aux parlementaires leur exigence d'une abrogation pure et simple du CPE avant toute négociation sur ce qui pourrait le remplacer. Mieux encore : ils ont fixé un véritable ultimatum au gouvernement en exigeant que cette abrogation ait lieu dans un délai très bref, c'est à dire d'ici au week-end de Pâques, date du début des vacances parlementaires. A défaut, ont-ils clairement expliqué, l'intersyndicale, qui se réunit lundi après-midi, décidera de nouvelles actions.

Les représentants de l'UMP sont donc confronté à un choix difficile : abroger tout de suite, ce qui ressemblerait fort à une capitulation en rase campagne, mais permettrait de relancer le dialogue ; ou bien tenter de trouver une formule permettant de sauver la face, au risque de relancer l'agitation. Lors de sa conférence de presse de jeudi, le Premier ministre Dominique de Villepin n'a pas donné de signal clair à cet égard, semblant laisser toutes les portes ouvertes en parlant de "dialogue sans a priori".

Pour les pouvoirs publics, il est donc urgent de trancher vite. En premier lieu, les troubles à l'ordre public continuent. Etudiants et lycéens ont poursuivi vendredi leur nouvelle tactique, adoptée jeudi, consistant à perturber les voies de communication. Après le blocage de plusieurs gares parisiennes et de province jeudi, des opérations similaires ont été menées vendredi matin à Nantes, notamment, avec la paralysie temporaire de dépôts de bus et de tramways.

Autre raison de se presser : la situation devient de plus en plus critique dans les universités et les lycées, alors que les vacances de Pâques commencent et que la période des examens de fin d'année se rapproche donc à grands pas. Tant les présidents d'universités que les proviseurs de lycées exhortent donc le gouvernement à débloquer la situation. Si les responsables universitaires estiment dans leur ensemble que les examens peuvent encore être sauvés en cas de reprise immédiate des cours, ils affirment haut et fort ne plus répondre de rien si le blocage devait perdurer.

Dernière source de pression, enfin, le patronat, qui s'inquiète de plus en plus de l'impact de ces perturbations sur l'économie. Laurence Parisot, présidente du Medef, a ainsi affirmé vendredi matin sur France 2 qu'il faut désormais "mettre un terme rapide" à la crise, parce que celle-ci "coûte cher à notre pays".

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