CPE : Jacques Chirac promulgue et demande une nouvelle loi

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Dans une allocution télévisée, le chef de l'Etat a promulgué la loi sur l'égalité des chances qui inclut le CPE, mais demande sa modification immédiate. L'opposition et les partenaires sociaux ont exprimé leur incompréhension face à cette démarche. La gauche se réunit samedi matin, tandis que mardi prochain se prépare un nouveau mouvement social de grande ampleur.

Le Président de la République a annoncé vendredi soir la promulgation de la loi pour l'égalité des chances lors d'une allocution radiotélévisée. Il demande toutefois la modification immédiate de l'article sur le CPE. "La période de deux ans sera réduite à un an. En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi", a déclaré Jacques Chirac. "Enfin, je demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu'en pratique, aucun contrat ne puisse être signé sans intégrer pleinement l'ensemble de ces modifications", a-t-il précisé.

Jusqu'aux derniers instants régnait l'incertitude sur ce que serait le verdict du chef de l'Etat, après la validation sans réserve jeudi par le Conseil constitutionnel de cette loi qui inclut la création du contrat de première embauche (CPE). Pris en étau entre un Premier ministre refusant de céder sur ce dispositif et les syndicats, Jacques Chirac se trouvait à la veille du week-end au pied du mur pour prendre l'une des décisions les plus importantes de sa présence au pouvoir.

Après le discours du chef de l'Etat, aussi bien les syndicats que l'opposition ont exprimé leur incompréhension. Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a qualifié d'"incompréhensible" et "pas acceptable" le contenu du discours du président. De son côté, François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste, a déclaré que Jacques Chirac n'était "pas clair", et qu'il ne répondait pas au souhait des détracteurs du CPE de "ne pas promulguer la loi", en retirant "l'article 8".

S'il a permis de sauver la mise au Premier ministre sous couvert de l'autorité de l'Etat, Jacques Chirac n'a apparemment pas mis un terme à la crise sociale. "Nous maintenons les appels à la grève et les manifestations de mardi", a ainsi déclaré Jean-Claude Mailly, tandis que François Hollande considère qu'"on ne va pas vers l'appaisement".

De son côté, le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui prônait ces derniers jours une suspension du CPE durant le dialogue avec les partenaires sociaux, a salué la décision de Jacques Chirac. "Le Président de la République a répondu à ce souhait (de compromis) (...) en demandant que la disposition de la loi consacrée au CPE ne soit pas appliquée en l'attente d'un nouveau texte législatif qui la modifiera", s'est félicité Nicolas Sarkozy.

La gauche unie a fait une démonstration de force vendredi matin en appelant solennellement Jacques Chirac pour qu'il retire le CPE, agitant le risque d'un embrasement du pays. Les onze organisations de gauche ont décidé de se retrouver dès samedi matin au siège du PCF pour tirer les conséquences de l'intervention du chef de l'Etat. De leur côté, l'Unef, les coordinations étudiantes régionales et les syndicats lycéens UNL et Fidl ont appelé dans la journée à des rassemblements sur les principales places des grandes villes, une demi-heure avant l'intervention télévisée de Jacques Chirac.

Dans l'immédiat, les partenaires sociaux poursuivent leur mobilisation pour la nouvelle journée d'action de mardi prochain. Les appels à la grève se sont multipliés cette semaine. Par exemple, huit syndicats d'Air France (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, Sud Aérien, Snmsac/Unsa et Alter) ont appelé dans un communiqué commun à des "arrêts de travail" mardi prochain. Le 28 mars, les mêmes syndicats avaient fait grève, de sorte que l'ensemble du trafic aérien avait été perturbé dans toute la France, avec environ un tiers des vols annulés, du fait surtout d'arrêts de travail chez les contrôleurs aériens.
Du côté de l'enseignement, quatre fédérations de l'Education nationale, la FSU, l'Unsa, le Sgen-CFDT et la Ferc-CGT, ont également appelé à la grève.

Alors que près de 600 lycées ainsi qu'une soixantaine d'universités sont encore perturbées par le mouvement social, le directeur général de la SNCF, Guillaume Pépy, a "tiré le signal d'alarme" vendredi contre les actions anti-CPE de blocage des gares ou des voies, soulignant les risques pour les manifestants et dénonçant les dégradations d'installations de sécurité.

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