France : emplois et investissements restent à la peine en 2005

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Tiré par les secteurs des services et de la construction, l'emploi salarié a progressé modestement de 0,4% en 2005 avec la création de 64.800 postes. Dans l'industrie, où l'emploi décline, la reprise de l'investissement attendue cette année semble de bon augure pour la croissance.

Après la déception sur la croissance 2005, la faiblesse des statistiques sur le front de l'emploi et de l'investissement ne surprend pas. Peu glorieuse, la croissance française de 1,4% en 2005 n'a pas engendré de dynamique de création d'emplois. Bien que faisant mieux que le recul de 0,4% de 2003 et la stagnation de 2004, la progression de 0,4% de l'emploi salarié dans le secteur concurrentiel en France l'an dernier n'est guère reluisante. Au quatrième trimestre, l'emploi a progressé de 0,1%, avec la création de 16.200 postes, selon les chiffres publiés ce matin par le ministère de l'Emploi. Essentiellement attribuables aux secteurs des services, moteur des créations d'emplois depuis mi-2001, et de la construction, 64.800 postes ont été créés sur l'année.

En revanche, le secteur secondaire continue de vaciller. L'emploi du secteur industriel a reculé de 14.200 postes, soit -0,4% sur le trimestre, et de 87.700 postes, soit -2,3%, sur l'année. "Si ce déclin de l'emploi manufacturier est logique et généralisé dans les pays développés, le problème réside dans le fait que ces destructions d'emplois ne sont plus suffisamment compensées par les créations enregistrées dans les services", indique Marc Touati, économiste chez Natexis. "Espérons donc que le Cesu (chèque emploi service universel) de Jean-Louis Borloo permettra, si ce n'est de changer radicalement la donne, au moins d'apporter quelques milliers d'emplois supplémentaires. Selon nous, l'emploi total devrait augmenter de 0,5% à 0,7% cette année", poursuit l'économiste.

Quant aux investissements dans l'industrie, publiés parallèlement ce matin par l'Insee, ils offrent peu de réconfort pour le secteur, s'inscrivant en recul de 3% en 2005 par rapport à 2004, et de 4% pour la seule industrie manufacturière, minée par une baisse particulièrement forte des investissements du secteur automobile. En revanche, les investissements devraient augmenter de 5% en 2006 dans l'industrie manufacturière comme dans l'ensemble de l'industrie, selon les chefs d'entreprise interrogés en janvier par l'Insee. "Enquête qui est de bon augure, surtout par la progression spectaculaire anticipée sur les biens d'équipement, probablement un prolongement du boom de ce secteur en Allemagne", estime Philippe Waechter, chez Natexis AM. L'économiste va plus loin, affirmant que c'est là le signe que "la France rentre enfin dans la dynamique mondiale".

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